Vox Romanica
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0042-899X
2941-0916
Francke Verlag Tübingen
10.2357/VOX-2020-022
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Kristol De StefaniLas Leys d’amors. Redazione lunga in prosa. Edizione critica a cura di Beatrice Fedi, Firenze (Edizioni del Galluzzo per la Fondazione Ezio Franceschini), 2019, 910 p. (Archivio romanzo 35)
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371 Vox Romanica 79 (2020): 371-374 DOI 10.2357/ VOX-2020-20 in seiner Anlage und seinen Intentionen zu beschreiben. Mit dem Herausgeber wünscht man sich, dass das Vocabolar dl ladin leterar bei den anvisierten Zielgruppen bewirkt, was man sich von ihm erhofft: dass die Ladiner selbst die Geschichte der eigenen Sprache besser kennenlernen und dass durch die Konfrontation mit Texten aller ladinischen Varietäten der Zusammenhalt der Gesamtladinia gestärkt wird. Dass das Werk für die Angehörigen der zweiten Zielgruppe, rätoromanistische und weitere Linguisten, eine hochwillkommene Bereicherung darstellt, steht ausser Frage. Ricarda Liver https: / / ocid.org/ 0000-0002-6091-4299 ★ Galloromania s ylvie m eyer , Le Roman d’aventure médiéval entre convention et subversion ( XII e -XIII e siècles ). Accidents de parcours, Paris (Champion) 2018, 360 p. ( Essais sur le Moyen Âge 66) Dans la présente étude, S. m eyer envisage cinq romans d’aventure médiévaux au prisme de la notion d’«hétérogénéité textuelle» (12), essentiellement inspirée d’une contribution de S. t royan , mais aussi des travaux de P. h aidu et N. l aCy 1 . Ces récits présenteraient une double dimension textuelle qui comprendrait, d’une part, une structure narrative résultant de la cumulation des épisodes, et d’autre part un langage poétique créant des relations intratextuelles entre des passages non contigus au moyen d’analogies fixées par certaines figures rhétoriques, des jeux d’intertextualité, des répétitions etc. Cette duplicité textuelle combinerait donc, selon la terminologie empruntée à Troyan, une «rhétorique séquentielle», relative à la progression linéaire des épisodes, avec une «rhétorique récursive (ou rétrogressive)», responsable des relations intratextuelles (19). Elle ne serait de ce fait pas équivalente à l’écriture allégorique qui joint le sens supérieur au sens littéral. À partir de ce postulat, S. Meyer suppose que ces deux niveaux textuels s’adressent à des publics distincts polarisés en deux types théoriques. Ainsi, l’hétérogénéité textuelle autoriserait au moins deux lectures concomitantes, ce qui permettrait de dépasser certaines discordances présentes dans ces textes (15-21). L’auteure construit son propos en deux parties. Dans un premier temps, elle définit ce qu’elle entend par roman d’aventure médiéval. D’après le modèle du «noyau prototypique» de J. M. a dam (44), elle élabore une description assez souple qu’elle situe dans le champ littéraire médiéval par rapport aux romans de chevalerie et aux romans arthuriens . Cette base théorique est ensuite confrontée aux sens du substantif aventure en ancien français par une étude lexicographique classique. Sa démarche vise à désambiguïser les différentes acceptions du terme 1 Il s’agit des études suivantes: s. d. t royan , «Rhetoric without genre: Orality, textuality, and the shifting scene of the rhetorical situation in the Middle Ages», Romanic Review 81/ 4 (1990): 377-95, p. h aidu , «Narrativity and Language in Some XII th Century Romances», Yale French Studies 51 (1974): 133-46, N. l aCy , «Spatial Form in Medieval Romance», Yale French Studies 51 (1974), 160-209. Besprechungen - Comptes rendus Besprechungen - Comptes rendus 372 Vox Romanica 79 (2020): 371-374 DOI 10.2357/ VOX-2020-20 et à s’affranchir du concept d’«aventure» tel qu’il a déjà été théorisé au XX e siècle pour ne pas biaiser l’interprétation de son corpus. Son investigation montre que les acceptions du mot aventure ressortissent à quatre champs sémantiques principaux, à savoir le destin, le hasard, l’événement et les gains. La seconde partie se concentre sur l’analyse des textes sélectionnés, soit cinq romans d’aventure arthuriens: Érec et Énide , le Chevalier au lion ( Yvain ), le Chevalier de la charrette ( Lancelot ), le Bel Inconnu de Renaut de Bâgé et le Romanz du reis Yder . Ce choix lui «permettait de travailler sur un corpus assez large présentant un fort lien thématique» (22). S. Meyer adopte d’abord une perspective narratologique pour proposer une lecture séquentielle de ces œuvres. Elle étudie les indices relatifs à l’introduction et à la caractérisation du héros dans le récit ainsi que la nature de la mission qui lui échoit. Ces éléments constituent le noyau prototypique du roman d’aventure, ils sont confirmés par la rhétorique séquentielle et rendent l’intrigue prévisible. Cette prédictibilité lui permet d’examiner la manière dont certains retards dans la résolution impactent les attentes des lecteurs-auditeurs. Puis, au moyen d’analyses micro-textuelles, elle parcourt son corpus à rebours. Dans le Chevalier au lion , S. Meyer met en évidence les procédés poétiques (métaphores et comparaisons, répétition d’épisodes avec variation, ironie) qui assurent un sens supplémentaire aux œuvres de Chrétien de Troyes. Les analogies qui invitent à une lecture rétrogressive sont, selon elle, porteuses d’une force critique. L’auteure étoffe la présentation de ces procédés par l’analyse du Bel Inconnu et du Reis Yder . Enfin, considérant le parcours physique du héros comme une balise du chemin herméneutique, elle s’attache aux épisodes qui écartent les chevaliers de leur droite voie. S. Meyer situe ces événements, superflus du point de vue de la progression linéaire, mais essentiels dans une perspective critique, au carrefour des deux lectures qu’elle examine. Signifiants, ces chemins de traverse signaleraient dans l’œuvre le passage d’une lecture à l’autre et cette «poétique du détour» (232) permettrait l’émergence de significations nouvelles. L’idée selon laquelle les œuvres littéraires médiévales délivrent un double message contradictoire est admise par de nombreux chercheurs depuis longtemps. S’engager dans ce sentier maintes fois battu représente un véritable défi, qui plus est lorsqu’il s’agit d’œuvres de littérature arthurienne abondamment commentées. S. Meyer le relève courageusement: elle s’efforce de démarquer sa position en ne cherchant pas à «concilier les discordances» (197) et en accordant autant d’importance à la lecture linéaire, plus littérale, qu’au «surplus [de sens] 2 » qui se cache entre les lignes. Elle tient compte de l’abondante documentation existante sur son corpus et en propose une lecture critique. Elle n’hésite pas à remettre en question plusieurs interprétations qu’elle s’applique à dépasser. Dans certains cas, notamment en ce qui concerne l’ironie chez Chrétien de Troyes, l’apport est mince (189-97). Mais l’effort est souvent payant. On pense par exemple à la relecture très pertinente de l’épisode de la Joie de la Cort dans Érec et Énide (242-53). En outre, S. Meyer nourrit sa réflexion en puisant dans d’autres disciplines telles que la linguistique contemporaine et l’histoire. On doit à son étude l’apport du sens de ‘gain’ pour le mot aventure , qui invite à ne pas oublier la dimension concrète et matérielle des exploits chevaleresques. Par ailleurs, la notion de poétique du détour qu’elle élabore renforce la cohé- 2 Lais bretons (XII e -XIII e siècles): Marie de France et ses contemporains , ed. n. k oble et m. s éGuy , Paris 2011: 164. 373 Vox Romanica 79 (2020): 371-374 DOI 10.2357/ VOX-2020-20 rence de l’hypothèse de l’hétérogénéité textuelle et assure à l’argumentation son plein déploiement. Cette notion est sans doute la plus féconde pour des recherches futures. En fin de compte, son parcours dans les romans d’aventure arthuriens lui permet de conclure que la lecture séquentielle se situe du côté de la convention, de l’apologie du modèle chevaleresque. La lecture récursive en revanche propose une vision critique, parfois subversive, de la chevalerie et de la noblesse. Ces deux types de réception correspondent à son sens à des modes de consommation différents du récit: la récitation publique d’une part et la lecture approfondie avec support matériel de l’autre. On aurait aimé en savoir davantage sur cette dernière idée, amenée un peu rapidement. L’épilogue vise sans doute à y répondre en reconsidérant ces récits dans le contexte historique de leurs production et réception. Toutefois, l’ambition généralisante de la conclusion - celle-ci évoque successivement la transmission des savoirs, les relations entre clergie et chevalerie, l’ironie comme dernier rempart de la liberté des clercs - nous laisse sur notre faim. Qu’en est-il, par exemple, des cas de réception intermédiaires? Malgré ce bémol, l’objectif premier (15) est atteint: l’auteure a démontré le fonctionnement de la double rhétorique responsable de l’hétérogénéité textuelle ainsi que les deux réceptions théoriques possibles. À l’exception de quelques choix ponctuels, notamment relatifs à l’emplacement de certaines justifications méthodologiques, l’ouvrage est très bien structuré. Il assure une progression claire à l’argumentation. Cette dernière tire l’essentiel de sa force des analyses micro-textuelles pertinentes et précises des sections II et III, dans la deuxième partie. Les études des portraits de Blanche Main et Blonde Esmerée (198-209) en constituent de bons exemples. On peut toutefois, en de rares occasions, regretter que certaines citations ne figurent pas en plein texte. L’ouvrage se distingue également par son excellente capacité de synthèse présente tout au long de la réflexion. Celle-ci se manifeste aussi bien dans les récapitulatifs en fin de chapitres que dans les tableaux synoptiques qu’on trouve, par exemple, dans la section lexicographique (80, 137). La lecture s’en voit grandement facilitée. Cet esprit de synthèse est d’autant plus appréciable que la recherche est agrémentée d’un certain nombre de digressions historiques et lexicales qui auraient parfois gagné à être plus succinctes. Ces dernières témoignent sans doute du désir constant de comprendre les romans dans la réalité qui leur est contemporaine. On a relevé quelques imprécisions, mais celles-ci restent des détails. Il s’agit pour l’essentiel d’une définition de l’ Anglo-Norman Dictionary mobilisée de manière confuse dans l’étude lexicale (95) et de quelques emplois terminologiques. On s’interroge en effet sur le choix de l’étiquette «roman de chevalerie» (53-55), employée sans renvoi à une quelconque étude, étant donné les réserves que F. v iellard émet à l’encontre de cette appellation 3 . De même, il est délicat de recourir aux notions contemporaines de «réalisme et de fantastique» 4 pour évoquer «l’ambivalence des romans [d’aventure]» (310). Ces aspects sont largement compensés par la grande 3 F. v ieillard , «Qu’est-ce que le roman de chevalerie ? Préhistoire et histoire d’une formule», in: i. d iu et al. (ed.), Mémoire des chevaliers: Édition, diffusion et réception des romans de chevalerie du XVII e au XX e siècle , Paris 2007 [en ligne]. 4 M. Uhlig a en effet montré les limites de l’application de la notion de réalisme à la littérature médiévale: M. u hliG , Le Couple en herbe: Galeran de Bretagne et l’Escoufle à la lumière du roman idyllique médiéval , Genève 2009: 13-24. Besprechungen - Comptes rendus Besprechungen - Comptes rendus 374 Vox Romanica 79 (2020): 374-379 DOI 10.2357/ VOX-2020-21 prudence observée dans la présente étude. Ainsi, les «dérives théoriques» possibles dans les approches génériques du roman médiéval sont examinées avec lucidité et servent de garde-fou à la définition du «roman d’aventure» proposée en première partie (29-53). De même, l’étude lexicographique très complète du substantif aventure est soigneusement élaborée. Les choix méthodologiques qui ont présidé à sa réalisation sont toujours justifiés et la confrontation des champs sémantiques aux différents exemples est réalisée avec honnêteté. En fin de compte, on retiendra donc la belle circonspection avec laquelle S. Meyer suit les pérégrinations des chevaliers et ose s’aventurer hors de la droite voie, même si celle-ci s’avère parfois accidentée. Pauline Quarroz ★ J oël a Guet , Origines de la chanson de l’Escalade en langage savoyard dite Cé qu’è laino, Genève (Droz) 2020, 437 p. ( Travaux du Grand Siècle 52) Entre 1900 et 1952, plusieurs études 1 ont été consacrées à ce qui est devenu l’hymne des Genevois au cours du XIX e siècle (10) et qui, plus d’un siècle après la disparition des derniers patoisants genevois, est encore régulièrement chanté lors de la fête de l’Escalade ou à l’occasion de matchs des clubs sportifs genevois. Presque 70 ans après l’édition critique d’A. Burger, J. a Guet reprend le fil et tente de percer les secrets de l’origine de cette chanson composée au XVII e siècle qui relate les événements de la nuit du 11 au 12 décembre 1602. Il s’appuie pour cela sur la formule finale de certaines versions, qui n’a reçu jusqu’ici que peu d’attention, et l’examen des différentes versions conservées, dont certaines étaient inconnues de ses prédécesseurs 2 . C’est un ouvrage soigné 3 , agréable à lire et richement illustré 4 , mais derrière une façade tout ce qu’il y a de plus scientifique et malgré les promesses ambitieuses de l’auteur, le contenu est de qualité variable et mérite d’être examiné d’un œil critique. N’étant pas historienne de l’imprimerie, je m’intéresserai avant tout aux questions linguistiques 5 . L’identification de l’imprimeur de la plupart des éditions anciennes est crédible. Elle repose sur une interprétation de la signature présente à la fin d’une partie des éditions et qu’Aguet déchiffre avec une assurance surprenante (67). L’identification de Jaques Fuyar à Jean de Tournes ne me paraît pas si évidente (36-42), mais même si j’ai des doutes quant à l’exactitude 1 En particulier A. b urGer , Cé qu’é laino. Chanson sur l’Escalade de Genève en langage savoyard , Genève 1952; O. k eller , La chanson de l’Escalade de Genève , Genève 1931; E. r itter , La chanson de l’Escalade en langage savoyard , Genève 1900. 2 Burger a pu se baser en 1952 sur 16 imprimés du XVII e siècle, correspondant à 14 versions différentes; Aguet a eu accès à deux versions supplémentaires, dont celle qu’il considère comme étant la première. 3 J’ai relevé très peu de coquilles: à est à corriger en a (256, l. 6), voudrait en vaudrait (l. 24), un en une (324, l. 4). 4 Seule la qualité de l’image de la p. 202 laisse à désirer. 5 J’utilise les abréviations habituelles du Glossaire des patois de la Suisse romande pour les sources citées; les références précises peuvent être trouvées sur http: / / complement-gpsr.unine.ch/ .
