eJournals Vox Romanica 79/1

Vox Romanica
vox
0042-899X
2941-0916
Francke Verlag Tübingen
10.2357/VOX-2020-024
Es handelt sich um einen Open-Access-Artikel, der unter den Bedingungen der Lizenz CC by 4.0 veröffentlicht wurde.http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/121
2020
791 Kristol De Stefani

Emilio Ridruejo (ed.), Manual de lingüística española. Berlín (De Gruyter) 2019, 697 p. (Manuals of Romance Linguistics 14)

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2020
Irene Bello Hernández
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379 Vox Romanica 79 (2020): 379-382 DOI 10.2357/ VOX-2020-22 L’apport principal de ce livre est l’identification de l’imprimeur de la plupart des éditions anciennes du Cé qu’è laino , Jean II De Tournes et ses successeurs. Les dates des éditions successives et l’identification des auteurs sont en revanche purement spéculatives. Reste néanmoins qu’un lecteur armé de prudence et d’esprit critique peut trouver dans cet ouvrage un grand nombre d’informations précieuses en particulier concernant les différentes versions connues de la chanson, mais aussi d’autres chansons de l’Escalade, ainsi que la transcription d’une version jusqu’ici uniquement accessible à la Bibliothèque de Genève dont on trouve en outre une reproduction tout à fait lisible aux p. 142-43. Elisabeth Berchtold ★ Las Leys d’amors. Redazione lunga in prosa . Edizione critica a cura di Beatrice F edi , Firenze (Edizioni del Galluzzo per la Fondazione Ezio Franceschini), 2019, 910 p. ( Archivio romanzo 35) S’il est un monument de la littérature linguistique de langue romane, c’est bien le traité des Leys d’amors dédié à la langue et à la littérature occitane, à la fois le plus ancien du genre et, pour de longs siècles, le plus élaboré et le plus complet, avec ses cinq parties successivement dédiées à la phonologie et à la prosodie, aux formes versifiées (de la versification aux genres poétiques), à la lexicologie, à la rhétorique et à la poétique. Cette rédaction en prose (T), faite pour l’essentiel dans le second quart du XIV e siècle, longtemps conservée à l’Académie des Jeux Floraux et dont la reproduction est disponible en ligne sur le site Gallica, n’avait pas été rééditée depuis Gatien-Arnoult (1841-1843) qui n’en donnait qu’une maladroite transcription diplomatique assortie d’une traduction assez littérale. Seule la version catalane (B), pour ce qui est de ces trois premières parties, avait fait l’objet d’une édition critique par G. Gonfroy en 1981 (thèse non publiée), assortie d’une étude approfondie. On est par conséquent heureux de voir paraître enfin le magistral travail de B. F edi qui y aura consacré de longues années de sa vie de chercheuse, de façon discontinue, au gré des aléas de la vie, travail initié par le projet de thèse que lui avait suggéré d’Arco Silvio Avalle. Le résultat témoigne admirablement de la persévérance de l’éditrice qui a pu affiner sa méthode et trouver les meilleures solutions pour éditer ce traité majeur en mettant clairement en évidence aussi bien les nombreuses corrections et additions marginales qui ont enrichi le manuscrit toulousain que les traces de l’antigraphe de T qui ont pu subsister dans la version catalane (B) en les intégrant ingénieusement dans le texte de T, privilégiant la lisibilité de ce qu’elle propose de définir comme un «idiographe collectif», dans une mise en évidence des différentes phases de l’élaboration de l’œuvre. Les éventuelles lacunes sont comblées à partir de B ou, à défaut, des copies de T effectuées par Raynouard ou Tastu lorsque celles-ci le permettent. La partie inférieure des pages est occupée par un apparat critique à quatre étages s’appuyant sur les disparités opposant les mss. de Toulouse et de Barcelone, avec l’indication des modifications et additions Besprechungen - Comptes rendus Besprechungen - Comptes rendus 380 Vox Romanica 79 (2020): 379-382 DOI 10.2357/ VOX-2020-22 ultérieures apportées par B 1 . On saluera au passage le travail éditorial particulièrement abouti des Edizioni del Galluzzo qui ont su gérer une mise en page dont la complexité pleinement justifiée n’altère en rien son efficacité, offrant au lecteur un ouvrage d’une grande qualité formelle. Le texte est balisé de façon judicieuse, chaque chapitre 2 , délimité par une rubrique originelle ou ajoutée après coup, étant numéroté au sein de sa partie (le prologue ou l’une des cinq partz ) et lui-même subdivisé en phrases - quelques fois des propositions ou périodes détachées par un point-virgule -, numérotées, ce qui facilite et la consultation et la citation. On regrettera toutefois l’absence de balisage de la foliotation, voire de la fasciculation du ms. auxquelles il peut être fait référence dans l’introduction. Les exemples en vers ont leur propre numéro, quelle que soit leur longueur 3 , les renvois étant précisés par la numérotation des vers au sein de l’exemple. Dans ses critères d’édition, Fedi évoque la ponctuation originelle de T comme «instrument heuristique», ce qui rend plus pertinent le découpage en phrases retenu 4 . Parmi les critères d’édition, Fedi dit distinguer « u [u]» - en fait [y] et [w], en écartant naturellement la question du digramme ‹qu›) - de « v [v]», mais on peut s’interroger sur des formes éditées telles que breueza 5 et breuitat ; Fedi maintiendrait par contre l’alternance i/ j/ g/ tg/ ti «pour l’affriquée palatale sonore», mais on relèvera de nombreux Jtem (ex. 227, 233) qui n’ont pas lieu d’être 6 . Les principes de transcription (123) peuvent faire l’objet d’une dérogation lorsque l’argument du traité l’impose: on trouve ainsi yeueysh là où le traité considère explicitement la formation comme un composé; on sera plus surpris de trouver An donné parmi les habitutz honorables , là où il faudrait à la rigueur aN , et plus précisément a’N puisqu’il s’agit d’un cas d’aphérèse 7 ; il est de toute façon contradictoire d’éditer a N’Hug parmi les 1 La différence entre les étages II («B ≠ T») et IV («B / T») dont la symbologie ne va pas de soi se trouve élucidée dans les critères d’édition (116), les symboles en moins. 2 Confusion parfois déroutante, Fedi parle tantôt de «capitoli» ( Indice dei capitoli ), tantôt de «paragrafi», comme p. 115 où les parties sont désignées comme des «capitoli». 3 Il y a quelques oublis: ainsi p. 335-36, «O enayssi: » en fin de page devrait porter le n° 7, l’exemple qui suit («Mayres de Dieu…», le n° 8 ( cf. II 95 3-4 etc.). Certaines situations sont ambiguës: ainsi, I 65 5 [206] ou I 87 11 [217] comportent en fait deux «articles», à savoir l’exemple même et le complément de I 65 4 ou I 87 10 respectivement que l’exemple interrompt. 4 On remarquera au passage, au vu de l’extrait donné à titre d’illustration p. 125, que le double signe «! » donné comme précédant souvent une série d’exemples, suit en fait le plus souvent ici un concept devant la conjonction cum/ coma introduisant aussi bien un exemple isolé qu’une suite d’exemples. Fedi fait état d’un cas de nature différente avec une hypothèse d’interprétation comme accident graphique par anticipation, mais ne dit rien sur un autre, plus énigmatique: «{…] et enayssi dels autres! son adiectius». 5 Mais correctement breveza I 91 4, 6 que l’on ne trouvera pas sous l’entrée «breueza» de l’index des termes techniques (voir infra ). 6 Nous ne doutons pas de la correction de la transcription, mais on peut relever de rares coquilles: «Dels motz sillabicat» I 78 1 [211] (ms. sillabicatz ); «aytals bordo» II 59 10 [292] (ms. aytal ). 7 Ce qui n’empêche pas Fedi d’employer alternativement en , na , an sans majuscule (460). L’approche indifférenciée des particules en et ne dont la nature grammaticale est variable (particule honorifique, préposition, pronom) donne lieu à quelque confusion. C’est ainsi que Fedi (462), emploie la majuscule là où la forme non marquée s’impose (III 79 3): «E quar En es pres en diversas manieras e Ne aquo meteysh, per so volem tractar de la diversitat de En e de Ne e primieramen de En ». 381 Vox Romanica 79 (2020): 379-382 DOI 10.2357/ VOX-2020-22 exemples, le traité opposant le datif a + En au nominatif Ne + [voyelle] 8 . Curieusement, dans sa «note typographique», l’ed. nous apprend avoir appliqué la syllabation du catalan moderne adaptée à l’ancien occitan et aux spécificités de l’œuvre, ce que nous avouons ne pas comprendre; s’il s’agit de la coupure des mots en fin de ligne, le procédé ne diffère en rien de l’espagnol qui admet les coupures avant posttonique (ex. aves-que , au-tres ). Les exemples en vers font quant à eux curieusement l’objet de la mise en forme française, avec majuscules initiales, ce qui, il est vrai, est conforme (sauf exceptions locales) à la présentation du ms., mais contraire à l’usage italien de l’édition des textes poétiques anciens. La copieuse introduction présente successivement les traités de la Gaya Sciencia de trobar , la tradition directe, la tradition indirecte, les rapports entre les témoins ( codices descripti , phases rédactionnelles, filiation T vers B 9 ), les origines du Consistoire et la datation des trois rédactions, des notes sur la langue du ms. de Toulouse et de celui de Barcelone (vocalisme, consonantisme, morphologie) et, pour finir, les critères d’édition. Trois tables viennent notamment éclairer les rapports entre les témoins 10 . Une première table met en parallèle les rubriques de la rédaction en vers avec celle de T et celle de son index; une autre, celles qui concernent le fascicule XV, aligné sur l’ordre de B, avec le texte absent dans B (noté «{T}»), ce qui est quelque peu paradoxal. Une troisième donne les correspondances entre les chapitres dans T, B et la version en vers pour le même fasc. XV ( part IV 23-35) qui pose des problèmes particuliers, avec une substitution de folios concernant une section de la IV e partie traitant de diverses matières, de la repetitio en général au bordo passat , problème dont la discussion s’appuie sur une comparaison avec les textes de la version en vers, du Compendi de Joan de Castelnou et du Torcimany de Lluís de Averço (63 sq.) qui permet de préciser les rapports génétiques entre les versions T et B. Un appendice donne des textes trop longs pour figurer dans l’apparat 11 . Trois index complètent l’édition: noms propres, auteurs, œuvres et lieux cités dans le traité; termes techniques et lexique significatif des Leys , indispensable pour un tel ouvrage; index des chapitres. Le second index privilégie les substantifs sur leurs épithètes (contrairement à ce que faisait Gonfroy), ce qui explique l’absence d’entrée à contrafag , p. ex.; equivoc sert par contre d’entrée à la fois en tant qu’adj. et subst., mais les renvois semblent en fait ne concerner que les emplois substantivaux, les emplois adjectivaux devant être cherchés sous cobla , dictio , mot , rim ou rima , à quoi il faudrait ajouter bordo (II 93 6) et equivocatio (II 54 5-6, 10-13, À l’inverse, on trouve des ne et en (sans parler de na ) sans majuscule là où il s’agit pourtant de façon univoque de la particule honorifique (III 77-78). 8 Avec l’exemple N’Arnautz (III 77 5); construction qui vaudrait, bien entendu, pour l’accusatif. 9 Dans la section consacrée à divers passages de T absents dans B, un renvoi à Salvat 1971 s’imposait lors de la mention du Desconortz de las donas (43). À noter que la seconde citation de ce poème est donnée en II 73 2, non 75 2. 10 Probable erreur (? ), la légende désigne par «T 5 » la division primitive de T en six parties; par «T 6 », la division actuelle en cinq parties (143). 11 Sauf erreur de notre part, les renvois nécessaires pour les passages II 17 13-17 et 124 6.6, III 85 4-86 12.2 (815 sq.) sont absents de l’étage II de l’apparat. Faute d’avoir reporté à l’annexe de tels textes trop longs, il arrive, que l’étage II s’interrompe pour reprendre à la page suivante, ce qui peut être déroutant lorsque vient s’interposer un autre étage (voir p. ex. p. 501-02). Besprechungen - Comptes rendus Besprechungen - Comptes rendus 382 Vox Romanica 79 (2020): 382-387 DOI 10.2357/ VOX-2020-23 15). Curieusement, on trouve à deux reprises des adjectifs évaluatifs promus comme entrée, dans les syntagmes bela cazensa et bona concluzio 12 . Cette priorité du substantif n’est pas sans lacunes: il faut ainsi se reporter à sillaba pour trouver breveza de sillaba. Les variantes graphiques/ phonétiques ne sont pas toujours prises en compte, ainsi, sous l’entrée leonesmitat , leonismetat (II 18 4) comme leonismitat (II 18 5) sont ignorés. Parmi les oublis, signalons haspiracio- (II 54 28) et sans doute les adjectifs en fonction d’attribut: leonisme qui n’a pas d’entrée au contraire de rima (sous-entrée r. leonisma ) est ainsi ignoré dans «aytals rima fora simpla leonisma» (II 26 8), ce qui est d’autant plus regrettable que les emplois nominaux sont également ignorés, comme dans: «Simple leonisme contrafag havem per esta maniera» (II 30 8). L’ampleur de l’œuvre explique l’absence de notes explicatives et de commentaires, sans parler d’une éventuelle traduction, toujours délicate pour un ouvrage didactique dont la conceptualisation et la terminologie marquée par la pensée médiévale présente bien des pièges, ce qui pourrait du reste expliquer (au moins partiellement) l’absence de glossaire, mais l’édition, tant attendue, d’une qualité philologique remarquable, établissant clairement la cohérence de l’œuvre in fieri , fournit enfin un bon support à des investigations de toute nature sur ce traité fondamental, de loin le plus important et le plus complet de tout le moyen âge roman. Dominique Billy ★ i oana -m aria s toeniCa , Actions et conduites mimo-gestuelles dans l’usage conversationnel des relatives en français . Berne (Peter Lang), 2020 xiii + 283 p. ( Sciences pour la communication 128) Chercheuse postdoctorale à l’Université de Neuchâtel (Suisse), I.-M. s toeniCa y a récemment soutenu une thèse en linguistique interactionnelle. Assistante-doctorante entre 2012 et 2017, elle profite d’une bourse accordée par le FNS pour mener des recherches à l’Université de Linköping (Suède) en 2017. Ses premières contributions témoignent déjà d’un intérêt accru pour la syntaxe de la conversation et plus particulièrement pour les relatives en tant que ressources interactionnelles. Elle se spécialise aussi dans l’étude de l’articulation du langage à d’autres ressources sémiotiques. L’ouvrage dont il s’agit ici est une version remaniée de la thèse de Stoenica, dirigée par S. Pekarek Doehler et défendue en 2018. S’il n’est pas spécialement accrocheur, le titre rassemble néanmoins les concepts principaux abordés dans l’étude. On comprend dès lors que les relatives y sont considérées comme des ressources multimodales et interactionnelles et non comme des constructions grammaticales figées. De format agréable, l’ouvrage présente une mise en page aérée et une table des matières détaillée, permettant d’embrasser d’un coup d’œil le projet scientifique de l’autrice. 12 On attendrait alors une entrée à bona equivocatio (ou du moins à une sous-entrée bona e. sous equivocatio ), etc.