eJournals Vox Romanica 79/1

Vox Romanica
vox
0042-899X
2941-0916
Francke Verlag Tübingen
10.2357/VOX-2020-025
Es handelt sich um einen Open-Access-Artikel, der unter den Bedingungen der Lizenz CC by 4.0 veröffentlicht wurde.http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/121
2020
791 Kristol De Stefani

Marta López Izquierdo, Las relaciones condicionales en la prosa ejemplar castellana de la Edad Media. Una aproximación desde la lingüística textual, Madrid (Visor Libros) 2019, 336 p. (Visor Lingüística 21)

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2020
Maria Méndez Orense
vox7910390
Besprechungen - Comptes rendus 382 Vox Romanica 79 (2020): 382-387 DOI 10.2357/ VOX-2020-23 15). Curieusement, on trouve à deux reprises des adjectifs évaluatifs promus comme entrée, dans les syntagmes bela cazensa et bona concluzio 12 . Cette priorité du substantif n’est pas sans lacunes: il faut ainsi se reporter à sillaba pour trouver breveza de sillaba. Les variantes graphiques/ phonétiques ne sont pas toujours prises en compte, ainsi, sous l’entrée leonesmitat , leonismetat (II 18 4) comme leonismitat (II 18 5) sont ignorés. Parmi les oublis, signalons haspiracio- (II 54 28) et sans doute les adjectifs en fonction d’attribut: leonisme qui n’a pas d’entrée au contraire de rima (sous-entrée r. leonisma ) est ainsi ignoré dans «aytals rima fora simpla leonisma» (II 26 8), ce qui est d’autant plus regrettable que les emplois nominaux sont également ignorés, comme dans: «Simple leonisme contrafag havem per esta maniera» (II 30 8). L’ampleur de l’œuvre explique l’absence de notes explicatives et de commentaires, sans parler d’une éventuelle traduction, toujours délicate pour un ouvrage didactique dont la conceptualisation et la terminologie marquée par la pensée médiévale présente bien des pièges, ce qui pourrait du reste expliquer (au moins partiellement) l’absence de glossaire, mais l’édition, tant attendue, d’une qualité philologique remarquable, établissant clairement la cohérence de l’œuvre in fieri , fournit enfin un bon support à des investigations de toute nature sur ce traité fondamental, de loin le plus important et le plus complet de tout le moyen âge roman. Dominique Billy ★ i oana -m aria s toeniCa , Actions et conduites mimo-gestuelles dans l’usage conversationnel des relatives en français . Berne (Peter Lang), 2020 xiii + 283 p. ( Sciences pour la communication 128) Chercheuse postdoctorale à l’Université de Neuchâtel (Suisse), I.-M. s toeniCa y a récemment soutenu une thèse en linguistique interactionnelle. Assistante-doctorante entre 2012 et 2017, elle profite d’une bourse accordée par le FNS pour mener des recherches à l’Université de Linköping (Suède) en 2017. Ses premières contributions témoignent déjà d’un intérêt accru pour la syntaxe de la conversation et plus particulièrement pour les relatives en tant que ressources interactionnelles. Elle se spécialise aussi dans l’étude de l’articulation du langage à d’autres ressources sémiotiques. L’ouvrage dont il s’agit ici est une version remaniée de la thèse de Stoenica, dirigée par S. Pekarek Doehler et défendue en 2018. S’il n’est pas spécialement accrocheur, le titre rassemble néanmoins les concepts principaux abordés dans l’étude. On comprend dès lors que les relatives y sont considérées comme des ressources multimodales et interactionnelles et non comme des constructions grammaticales figées. De format agréable, l’ouvrage présente une mise en page aérée et une table des matières détaillée, permettant d’embrasser d’un coup d’œil le projet scientifique de l’autrice. 12 On attendrait alors une entrée à bona equivocatio (ou du moins à une sous-entrée bona e. sous equivocatio ), etc. 383 Vox Romanica 79 (2020): 382-387 DOI 10.2357/ VOX-2020-23 «Pourquoi, comment et à quel moment d’une conversation les locuteurs utilisent-ils des propositions relatives? ». Dès la quatrième de couverture, le projet est annoncé. L’ouvrage présente un point de vue résolument praxéologique concernant le langage et dans cette perspective, Stoenica étudie l’utilisation et le rôle des relatives dans les actions conversationnelles. Pour ce faire, elle propose une étude empirique basée sur l’analyse séquentielle de l’interaction d’une part, reconnaissant l’importance de sa composante temporelle, et multimodale d’autre part, considérant que les contingences interactionnelles se manifestent tant sur le plan verbal que mimo-gestuel. En adoptant une telle perspective praxéologique, interactionnelle, temporelle et multimodale, l’autrice s’inscrit en linguistique interactionnelle (LI), discipline aujourd’hui représentée par un tout récent ouvrage (E. C ouper -k uhlen / M. s eltinG , Interactional Linguistics, Cambridge 2018). L’autrice a exploré deux corpus documentant des conversations ordinaires et des discussions de type «focus groupe» sur les sujets du bilinguisme et de l’apprentissage des langues en Suisse. Le premier est constitué de données filmées alors que le second est un corpus audio. À eux deux ils représentent une vingtaine d’heures d’enregistrement et rassemblent une centaine de participant·e·s. Stoenica a aussi consulté de manière ponctuelle un corpus audio documentant une enquête de sociologie urbaine de deux heures. Au total, 200 relatives ont été extraites de la base de données et étudiées. Mue par l’envie de mettre en évidence la réalisation interactionnelle et spontanée des relatives, Stoenica a divisé son travail en trois étapes. Dans un premier temps, elle a procédé à un repérage des constructions à étudier, écartant les relatives substantives indéfinies, dans les constructions clivées et prédicatives. Dans un deuxième temps elle a défini deux types de critères de sélection, le premier censé refléter la dimension interactionnelle et spontanée de la production des relatives (relatives collaboratives, formulées par des ressources linguistiques et non verbales, non standard, etc.) et le deuxième concernant l’environnement séquentiel des relatives (présence de pauses, réactions verbales ou mimo-gestuelles de l’interlocuteur, etc.). Dans un troisième et dernier temps, l’autrice a créé des collections d’extraits à analyser, selon la méthodologie propre à la LI. L’étude s’organise autour d’un plan traditionnel. Après une brève introduction, Stoenica propose deux chapitres d’ordre théorique. Dans le chapitre I elle présente le cadre théorique de son étude: en abordant le caractère social du langage en général, elle se concentre sur une présentation de la LI et de ses notions clés d’une part, et de l’importance de l’approche temporelle et séquentielle des tours et des actions d’autre part. Non exhaustif, l’état de l’art qui constitue la majeure partie du chapitre II résume certains travaux portant sur les relatives en les classant selon trois perspectives analytiques. Après avoir présenté sa propre approche, Stoenica y introduit en détail son corpus et la démarche méthodologique adoptée. Les analyses se concentrent entre les chapitres III à V, qui illustrent l’approche rigoureusement empirique de l’autrice. Dans le chapitre III, Stoenica étudie le lien entre forme et fonction chez certaines relatives. En étudiant de plus près les relatives co-construites, à constitution multimodale, non standard et auto-réparées, elle met en évidence leur caractère spontané et bricolé, influencé par certains facteurs interactionnels. Ces constructions peuvent Besprechungen - Comptes rendus Besprechungen - Comptes rendus 384 Vox Romanica 79 (2020): 382-387 DOI 10.2357/ VOX-2020-23 être le résultat d’une collaboration entre les participant·e·s, se manifester par des ressources mimo-gestuelles ou corporelles et prendre des formes plus ou moins canoniques. Le chapitre IV s’intéresse aux relatives non pas d’un point de vue formel, mais selon leur position dans le tour de parole. L’autrice y traite des constructions incrémentales, produites pour accomplir cinq actions conversationnelles: réparer un problème d’identification référentielle, poursuivre la réaction d’autrui par des élaborations référentielles, hétéro-initier la réparation d’un problème d’identification référentielle, prendre position par rapport aux assertions d’autrui concernant des référents et ajouter un élément à une énumération de caractéristiques référentielles. Dans le chapitre V, Stoenica aborde l’exploitation syntaxique des relatives à des fins conversationnelles, caractérisée par des particularités séquentielles, interactionnelles et prosodiques. Concernant les relatives régies, ces caractéristiques témoignent dans certains cas de l’orientation des participant·e·s vers des relatives intégrées ou non intégrées. Dans ses données, Stoenica relève plusieurs moments où le locuteur ou la locutrice produit une relative dans le but de projeter ses propos au sujet d’une expression référentielle, tout en sollicitant une ratification de la part des interactant·e·s afin d’assurer le principe d’intersubjectivité. Elle note ainsi que si la relative est séparée de son antécédent par une séquence de type sollicitation/ ratification, la construction doit être traitée par le ou la participant·e comme une construction non intégrée, alors que si elle suit directement son antécédent, elle est considérée comme intégrée. Ce chapitre est aussi l’occasion pour l’autrice d’avancer des arguments en faveur de l’autonomie syntaxique des relatives connectées, hétéro-incrémentées et autoincrémentées. En guise de conclusion, Stoenica revient sur les principaux résultats, discutant l’apport de ces derniers pour l’étude des relatives en interaction. Elle annonce aussi de nouvelles perspectives à creuser et discute des implications générales de son étude pour la grammaire-en-interaction. La richesse de l’étude de Stoenica réside bien sûr dans sa composante empirique, mais aussi, et surtout dans son double apport théorique. En proposant une approche temporelle, interactionnelle, praxéologique et multimodale, l’autrice enrichit le champ d’étude des relatives tout en renforçant les principes de la LI. Dès le chapitre II, Stoenica fait preuve d’une connaissance fine et d’une maîtrise remarquable de la théorie sur les relatives. Son état de l’art, s’il est bien sûr non exhaustif, a le mérite, en présentant trois approches différentes, de mettre en lumière une forme d’évolution à l’intérieur même de l’étude de ces constructions qui ont d’abord été étudiées d’un point de vue formel (approche sémantico-syntaxique), avant d’être considérées comme des ressources pragmatiques (approche variationnelle) pour enfin être analysées selon une perspective interactionnelle (approche interactionnelle). Dense, ce chapitre est rendu accessible notamment grâce aux nombreux exemples convoqués par l’autrice. Si Stoenica adopte une position résolument critique, déplorant notamment l’approche majoritairement monologique des études citées, elle n’entend pas rejeter ce qui s’est déjà fait, mais plutôt présenter les fondements de sa réflexion. Elle n’hésite d’ailleurs pas à confirmer certains résultats à l’aide de son propre corpus et met un point d’honneur à citer les études qui soulignaient déjà le rôle interaction- 385 Vox Romanica 79 (2020): 382-387 DOI 10.2357/ VOX-2020-23 nel des relatives (t. J eanneret , «Relatives co-énoncées: conversation et syntaxe», Scolia 5 (1995): 343-60 ; t. J eanneret , La coénonciation en français. Approches discursive, conversationnelle et syntaxique, Berne 1999). En explorant les aspects temporels, interactionnels, praxéologiques et multimodaux de la production des relatives en interaction, l’autrice souhaite combler certains manques laissés par les études citées. Partant, elle propose une analyse séquentielle et multimodale fine de la production des relatives et de leur contexte séquentiel et élargit l’empan des constructions analysées lorsqu’il s’agit d’expliciter le lien entre relatives et interaction. En général, les analyses séquentielles proposées par l’autrice au fil des chapitres III à V présentent les relatives non pas comme des constructions grammaticales figées dans une forme canonique, mais bien comme des objets flexibles, émergeant dans l’interaction et s’adaptant aux besoins des participant·e·s en temps réel. En particulier, les apports sur les différents types de relatives abordées dans cet ouvrage sont nombreux et les plus importants confirment ou révèlent l’autonomie praxéologique de certaines constructions. Soulignons premièrement l’analyse des relatives en position incrémentale. Les relatives auto-incrémentées témoignent d’une certaine autonomie en répondant aux contingences interactionnelles. L’autrice prend l’exemple d’une telle construction mobilisée par le locuteur ou la locutrice pour lever un problème d’intersubjectivité, signalé par l’interactant·e. Stoenica remarque que dans une telle situation, les relatives auto-incrémentées peuvent même servir à identifier un nom propre, pourtant considéré comme autosuffisant d’un point de vue référentiel. Si la production de relatives hétéro-incrémentées témoigne d’une grande intersubjectivité entre participant·e·s, elle exprime aussi parfois un fort désalignement. Une telle construction peut effectivement compléter un syntagme nominal tout en accomplissant une action conversationnelle distincte de celle réalisée dans tour précédent, produit par un·e interactant·e et contenant l’antécédent de la relative. L’autrice prend ainsi part de manière originale au débat bien connu remettant en cause le statut subordonné des relatives. Avec de tels résultats, Stoenica enrichit la conception classique des incréments élaborée par E. A. s CheGloFF («Turn organization: One intersection of grammar and interaction», in E. o Chs / E. A. s CheGloFF / S. A. t hompson (ed.), Interaction and Grammar , Cambridge 1996), pour qui un incrément continue l’action réalisée dans le tour qu’il complète. Stoenica instaure la catégorie des «incréments hybrides», caractérisés par une continuité syntaxique par rapport au tour précédent, mais par une discontinuité praxéologique. Par là même, l’autrice conteste le postulat du G roupe de F ribourG ( Grammaire de la période , Berne 2012), pour qui une relative endosserait, de manière routinière, une fonction continuatrice par rapport à l’action précédente. Cette hybridité praxéologique confère, selon Stoenica, un statut particulier au pronom relatif qui gagne ainsi en autonomie: en effet, dans le cas des relatives autonomes il marque «plutôt un lien entre deux actions distinctes accomplies au sujet d’un même référent qu’un rapport de subordination syntaxique à une proposition dite principale contenant son antécédent» (246). Stoenica note d’ailleurs la présence d’un certain nombre de «que» passe-partout (C. b ally , Linguistique générale et linguistique française , Berne 1965; C. b lanChe -b enveniste , Approches Besprechungen - Comptes rendus Besprechungen - Comptes rendus 386 Vox Romanica 79 (2020): 382-387 DOI 10.2357/ VOX-2020-23 de la langue parlée en français , Paris 2010), marquant en général la présence de relatives dites non standard. Selon elle c’est la preuve que les participant·e·s s’orientent vers la production d’une relative, sans cependant spécifier la fonction du pronom. Cet usage erroné du pronom «que» rend compte de la spontanéité de la parole, car il «favoriserait, en tout cas à l’oral, la création de l’ordre progressif pour diminuer en quelque sorte les coûts de traitement informationnel associés avec l’énonciation et l’interprétation en temps réel des structures relatives» (141). L’autrice en profite aussi pour se désaffilier des visions normatives, en soulignant que dans son corpus, l’utilisation «fautive» d’un pronom relatif ne provoque pas de réaction particulière chez l’interlocuteur ou l’interlocutrice. En étudiant de manière systématique 200 relatives produites en interaction, Stoenica apporte un regard aiguisé et averti sur la production interactionnelle et multimodale d’une ressource grammaticale. Son étude participe ainsi à l’enrichissement de la LI, apport qui constitue le deuxième cœur du travail dont il est question ici, comme en témoigne la manière avec laquelle l’autrice présente son projet: «Ce travail se propose d’étudier la dimension temporelle, interactionnelle et praxéologique du langage, telle qu’elle est observable dans l’usage conversationnel des relatives» (2). Si l’autrice étudie les relatives en interaction, elle en profite aussi pour consolider et enrichir les principes et concepts de la grammaire-en-interaction. En prenant l’exemple des relatives, Stoenica confirme le fait que les structures linguistiques ne sont ni figées ni statiques, mais qu’elles font preuve de flexibilité en s’adaptant au caractère spontané du langage, tant du point de vue de leur forme que de leur fonction. Cette flexibilité témoigne d’une grammaire émergente, sensible à la temporalité de l’interaction. En proposant une étude empirique basée sur l’analyse rigoureusement séquentielle d’extraits, l’autrice souligne les deux facettes de la temporalité du langage: d’une part, cette dernière «se manifeste en tant que résultat de cet usage de la grammaire localement adapté au déroulement séquentiel de la conversation» (253), d’autre part, «l’emploi interactionnel du langage se caractérise par une temporalité intrinsèque aux constructions grammaticales mobilisées» (253). En effet, le pronom relatif précède de manière routinière la relative à laquelle il est rattaché, assurant ainsi la cohérence syntaxique. Au fil de ses analyses, Stoenica montre aussi que ressources mimo-gestuelles et ressources grammaticales s’entremêlent et construisent ensemble et de manière progressive la paroleen-interaction. Selon elle, étudier de manière systématique les composantes verbales et non verbales de l’interaction permet «une description aussi exhaustive et robuste que possible de l’émergence conversationnelle des structures linguistiques» (254). En prenant l’exemple des relatives dont les ressources lexicales sont remplacées par des ressources non verbales, l’autrice prouve aussi que les participant·e·s ne s’orientent pas vers des structures syntaxiques figées, mais plutôt vers les actions qu’ils ou elles entendent produire. Ainsi, l’étude multimodale de la grammaire-en-interaction remet en question la description canonique et figée des catégories de la grammaire traditionnelle. Enfin, il semble important de souligner la qualité pédagogique exceptionnelle de l’ouvrage. L’autrice n’abuse pas des notes de bas de page et utilise un langage précis tout en étant accessible, rendant la lecture fluide. Les chapitres théoriques (I et II), tout en explicitant régulièrement le lien avec l’étude empirique à suivre, représentent deux contributions impor-