eJournals Vox Romanica84/1

Vox Romanica
vox
0042-899X
2941-0916
Francke Verlag Tübingen
10.24053/VOX-2025-010
vox841/vox841.pdf0216
2026
841 Kristol De Stefani

Stephen Dörr/Richard Trachsler (ed.), La Tour de Babel. Petite anthologie de textes romans du Moyen Âge. Contributions de l’École d’été de Klagenfurt, 17-21 septembre 2018, Heidelberg (Winter) 2020, viii + 180 p. (Romanische Texte des Mittelalters – Editionen der Klagenfurter Sommerschule «Philologie romane et Édition des textes» 3).

0216
2026
Nico Liocehttps://orcid.org/0000-0002-0623-8437
vox8410207
207 DOI 10.24053/ VOX-2025-010 Vox Romanica 84 (2025): 207-211 Besprechungen - Comptes rendus ★ s tePhen d örr / r ichArd t rAchsler (ed.), La Tour de Babel. Petite anthologie de textes romans du Moyen Âge. Contributions de l’École d’été de Klagenfurt, 17-21 septembre 2018 , Heidelberg (Winter) 2020, viii + 180 p. ( Romanische Texte des Mittelalters - Editionen der Klagenfurter Sommerschule «Philologie romane et Édition des textes» 3). L’École d’été de Klagenfurt «Philologie romane et édition des textes», entreprise bisannuelle organisée par le Professeur Raymund Wilhelm et un cercle international de collègues à la jeune université autrichienne de Klagenfurt (AAU), s’organise depuis 2014 (v. le site www.aau. at/ romanistik/ studium/ sommerschule/ #tab-id-5) et vise à former de jeunes scientifiques (doctorants, post-doctorants et masters) à l’écdotique. L’École d’été dure une semaine: les séances du matin sont consacrées à l’acquisition des bases théoriques et pratiques, tandis que les ateliers de l’après-midi, centrés sur l’édition d’un texte court, permettent aux participants de faire le lien avec la pratique. Les textes qui font l’objet des ateliers sont publiés par la maison Winter (Heidelberg), dont la production scientifique est bien connue des romanistes. L’ouvrage dont il sera rendu compte ici constitue la 3 e livraison dans la série Romanische Texte des Mittelalters - Editionen der Klagenfurter Sommerschule «Philologie Romane et Édition des Textes» - les numéros 4 et 5 viennent de paraître - et regroupe les travaux de l’école d’été de 2018. Au centre des travaux de l’école se trouva le récit de la Tour de Babel [désormais TdB]. Ce récit, tel qu’il figure dans la Genèse (11, 1-9), est le mythe fondateur de la diversité linguistique, du moins dans la civilisation judéo-chrétienne 1 . Il a donné lieu à des commentaires juifs, chrétiens, syncrétistes et laïques, et a généré une littérature secondaire interprétative immense. Ce petit livre nous fait découvrir cinq anciens textes romans traitant, sous des formes diverses, du mythe de la TdB. Ils représentent quatre genres différents: la traduction biblique, la théologie, l’historiographie et la littérature dramatique. Dans ce qui suit, je présenterai rapidement les textes édités, puis je formulerai quelques observations critiques. L. Refrigeri, N. Spallina et C. Talfani nous proposent l’épisode biblique de la TdB dans la tradition occitane médiévale (texte I, p. 1-23) d’après le témoin unique, le Ms. B.N.f.fr. 2426 (XV e s.), le codex N 2 de Nobel (2006) 2 , qui semble s’inspirer non seulement de la Vulgate, mais encore de la Bible d’Acre française, qu’il traduit, résume ou paraphrase. La deuxième traduction biblique du recueil est extraite de la Bible de Jean de Sy (texte III, p. 67-79), une traduction 1 Le motif de la confusion linguistique babélienne a sa source dans la littérature cunéiforme: v. K rAmer , S. N. 1968: «The ‹Babel of Tongues›: A Sumerian Version», Journal of the American Oriental Society 88/ 1: 108-11. Pour une analyse du mythe, v. s wiGGers , P. 1999: «Babel and the Confusion of Tongues (Genesis 11: 1-9)», in: A. l AnGe / H. l ichtenBerGer / D. r ömheld (ed.), Mythos im alten Testament und seiner Umwelt , Berlin, De Gruyter: 182-95. Le volume de v icAri , J. 2000: La Tour de Babel , Paris, P.U.F., permet de rapidement faire le point. Pour l’influence du mythe sur les conceptions de la diversité linguistique, on peut toujours consulter B orst , A. 1957-1963: Der Turmbau von Babel: Geschichte der Meinungen über Ursprung und Vielfalt der Sprachen und Völker , Stuttgart, Hiersemann, 4 tomes en 6 vols. 2 n oBel , P. 2006: La Bible d’Acre, Genèse et Exode, édition critique d’après les Ms. B.N.n.a.fr. 1404 et Arsenal 5211 , Besançon, Presses Universitaires de Besançon. 208 DOI 10.24053/ VOX-2025-010 Vox Romanica 84 (2025): 207-211 Besprechungen - Comptes rendus française de la seconde moitié du XIV e s. entreprise à la demande de Jean II le Bon, présentée ici par P. Mourgues et S. Groicher. Le projet, resté inachevé, survit dans un unique témoin, le Ms. B.N.f.fr. 15397 (dernier tiers du XIV e s.), mutilé. La littérature théologique est représentée par un extrait de la Cité de Dieu de saint Augustin, traduite en français par Raoul de Presles (1371-1375) (texte II, p. 25-65). Dans une introduction étoffée, C. McCarthy et A. Arató font le point sur les éditions antérieures et situent leur témoin (le Ms. P 2 , B.N.f.fr. 22913, ca. 1376) dans la tradition impressionnante qui transmet la traduction de Raoul de Presles. Elles prennent soin aussi de situer l’extrait édité, et le texte dans lequel il s’insère, dans l’œuvre augustinienne. Les éditrices situent l’activité traductrice de Raoul de Presles dans le cadre des mutations que subit la langue française aux XIV e -XV e s., et elles commentent ses stratégies traductrices (il y a contradiction entre le choix affirmé et la démarche effectivement suivie, cf. p. 37 et 38). S’ensuivent une explicitation des principes d’édition (toilette du texte comprise), et un exposé sur les intentions de saint Augustin en écrivant la Cité de Dieu , sur le contexte dans lequel la traduction fut entreprise, et la situation de l’extrait dans l’ensemble du texte traduit. Dans le texte édité sont incorporées aussi les deux exposicions que le «translateur» ajoute après chaque chapitre. L’historiographie est représentée par l’ Histoire ancienne jusqu’à César , une des premières compilations historiographiques en prose française (début XIII e s.). L’édition du récit (assez développé) de la TdB dans cette compilation (texte IV, p. 81-107) est due à F. Guariglia et J. Junge Ruhland. Il s’agit d’un texte à la tradition complexe, comportant des rédactions différentes, représentées par des témoins multiples (plus d’une centaine de Ms.): il pose encore de nombreux problèmes d’ordre philologique et littéraire. Comme l’épisode de la TdB a déjà été édité sur la base du Ms. P , Guariglia et Junge Ruhland ont décidé d’éditer le texte du Ms. V , copié à Venise, dont la langue présente de nombreux traits communs aux textes copiés en Italie. Le dernier texte, présenté par K.-A. Helou, S. Lu et Y. Na, relève d’une adaptation théâtrale de divers épisodes vétéro-testamentaires, exploitant aussi d’autres sources (texte V, p. 109-80). Le Mystère du Vieil Testament regroupe des mystères indépendants, composés par des auteurs différents antérieurs au XVI e s. Il s’agit donc d’un texte composite, et le seul imprimé ici. Les éditeurs proposent une lecture synoptique des témoins A (1508) et C (1542), le texte de C comportant de menues modifications par rapport à A, cf. p.ex. v. 6834-35, p. 148-49). Les éditeurs commentent les rapports entre le texte imprimé et les représentations théâtrales, ainsi que la versification du seul texte en vers édité ici. Ce texte dramatique est également le seul à littéralement mettre en scène la division des langues, qui se réalise en deux étapes (v. les commentaires sur les v. 6815-48, p. 162 et 6861-76, p. 163, respectivement): à des quiproquos témoignant d’un manque de compréhension croissant font suite des répliques en «grommelot» 3 . Ces répliques ne sont pas purement imaginaires: elles «emprunte[nt] le patrimoine phonétique» ( ibid .) d’une langue de référence: hébreu, italien, autres langues romanes. Une entreprise comme celle dont il est ici rendu compte, qui retrace les transformations d’un récit mythologique à travers différentes traditions romanes, présente un intérêt indéniable à plusieurs égards. Les textes proposés illustrent diverses manières de manipuler le 3 La technique de jouer en une langue volontairement inintelligible dans les spectacles (p. 162-63). 209 DOI 10.24053/ VOX-2025-010 Vox Romanica 84 (2025): 207-211 Besprechungen - Comptes rendus récit originel vétéro-testamentaire: la version occitane est un abrègement très condensé (14 lignes dans l’éd. discutée ici), limité aux dimensions linguistiques du récit, d’où l’attitude de révolte et le caractère outré de l’entreprise ont été escamotés: partant, la motivation de l’intervention punissante de Dieu ne ressort pas clairement du texte. En revanche, l’attitude de révolte contre Dieu est explicitée et développée dans les textes IV et V, tout comme le rôle de Nembroth, l’initiateur de la construction de la TdB. Ces transformations se laissent poursuivre ici à travers différents genres littéraires, qui reflètent des niveaux dogmatiques et doctrinaux distincts: opposons, dans cet ordre d’idées, la voix d’un Docteur de l’Église comme saint Augustin, rendue ici à travers la traduction de Raoul de Presles, aux traductions bibliques d’une part, au Mystère du Vieil Testament de l’autre. Sur le plan philologique, ce recueil présente des extraits n’ayant jamais encore été édités (p. ex. texte II) ou étant édités ici d’après un témoin alternatif (texte IV). Dans d’autres cas, une édition alternative d’un témoin identique est proposée: après l’école d’été 2018 a paru la nouvelle édition du Ms. B.N.f.fr. 2426, procurée par Wunderli (2019) 4 . Les éditeurs du texte I ont pris soin de confronter leurs travaux préparatoires avec la version du regretté romaniste suisse, et il faut les en féliciter. D’ailleurs, la prise en compte de témoins alternatifs renouvelle non seulement l’interprétation littéraire (d’après les éditeurs, le texte du Ms. V invite à nuancer la portée chrétienne et moralisatrice de l’ Histoire ancienne ), elle présente aussi un intérêt sur le plan scriptologique: songeons, dans cet ordre d’idées, aux matériaux que la leçon du Ms. V pourrait offrir aux spécialistes du franco-italien. Certains glossaires accompagnant les textes édités ici enrichissent la lexicologie historique: ils offrent non seulement des attestations antérieures aux premières recensées par la lexicographie, mais aussi des sens spécifiques parfois jamais encore attestés 5 . Notons, parmi d’autres exemples, que la Bible de Jean de Sy nous offre la première attestation de la locution conjonctive non contrestant que (p. 76); pour les néologismes sémantiques, citons l’emploi de metropole au sens de ‘principale ville d’une province, d’un État’ (p. 52), d’ efforceur au sens de ‘celui qui contraint, oppresseur’ (p. 54) (tous deux sous la plume de Raoul de Presles). L’extrait de la Bible de Jean de Sy s’avère aussi particulièrement intéressant en ce qui concerne le vocabulaire métalinguistique: on notera la première attestation de la locution verbale estre de une bouche ‘parler la même langue’ (p. 74-75), le néologisme sémantique leffre ‘façon de parler; langue’ (p. 75-76) et, à côté de ces deux cas de métonymie, l’emploi particulier des locutions verbales parler en gorge et parler entre ses dents (p. 76-77) pour préciser le lieu d’articulation. Pour parler entre ses dents , il s’agit ici d’un néologisme sémantique qui est à distinguer de la locution [ parler entre ses dents ] ‘parler en marmonnant, en s’exprimant de façon indistincte, à voix basse’; pour parler en gorge ‘parler en contractant sa gorge, aux sonorités profondes et gutturales’, il s’agit même d’un hapax. Toujours d’un point de vue linguistique, le présent recueil peut servir à un (ensemble de) cours portant sur l’évolution des idées concernant la multiplicité des langues chez les auteurs 4 Wunderli, P. 2019: Éléments de l’Ancien Testament en occitan. Rédaction du XV e siècle, Ms. B.N.f.fr. 2426 , Tübingen, Francke, 2 vol. 5 Les glossaires accompagnant les textes II et IV sont très succincts et ne renvoient pas systématiquement aux données de la lexicographie historique. 210 DOI 10.24053/ VOX-2025-010 Vox Romanica 84 (2025): 207-211 Besprechungen - Comptes rendus médiévaux. En guise d’illustration, qu’il me suffise de renvoyer aux observations de McCarthy et Arató (p. 55) sur le glissement de la notion de confusion (dans la Vulgate et chez saint Augustin) à celle de division , présente chez Pierre le Mangeur et citée par Raoul de Presles, traduisant «le passage d’une vision foncièrement négative de la diversité des langues à une volonté de mise en rapport, de classement des différentes langues» (p. 55). Pour ceux qui s’intéressent à la représentation de langues inconnues et/ ou imaginaires dans la littérature, l’extrait V s’avérera particulièrement intéressant. Certaines introductions sont nettement plus développées que d’autres - mais ces inégalités ne font que refléter la longueur inégale des textes édités (à peine une demi-page pour le texte I, une vingtaine de pages pour le texte V) 6 . Pour chaque extrait édité, les éditeurs nous renseignent sur l’auteur ou sur le contexte dans lequel le texte édité s’insère, sur la tradition (manuscrite) et/ ou les éditions; ils justifient le choix du témoin et se prononcent sur les principes d’édition. Chaque extrait édité est pourvu d’un commentaire (le plus souvent philologique, parfois littéraire) 7 , d’un glossaire sélectif et d’une bibliographie. Mais la structuration des chapitres n’est pas homogène, et l’économie du recueil eût bénéficié d’une uniformisation plus poussée; il aurait également été souhaitable de proposer une bibliographie consolidée en fin de volume. Les quelques sondages ponctuels que j’ai effectués en consultant les Ms. numérisés 8 confirment l’exactitude de la transcription des textes édités. Le volume est, dans l’ensemble, édité avec soin: je n’ai relevé qu’un nombre limité de coquilles et d’erreurs 9 . Le choix des textes édités et l’ordre de présentation peuvent, bien sûr, toujours prêter à discussion. Ainsi, on peut regretter l’exclusion d’autres domaines romans, pour lesquels il existe sans doute des témoins intéressants: pour l’italien, je songe au codex Angelicanus 1552 10 , qui contient une version de la Genèse, pour le castillan, à la traduction alphonsine contenue dans le Ms. I.I.7. de l’Escorial (déjà édité, il est vrai: cf. l ittlefield , M. G. 1996: Escorial Bible I.I.7. Edition, Introduction, Notes and Glossary , Madison, Hispanic Seminary of Me- 6 Rappelons que les éditeurs proposent une lecture synoptique de deux témoins différents. 7 Ce type de commentaire n’est pas prévu pour le texte III. 8 À la bibliographie du texte I, on ajoutera https: / / gallica.bnf.fr/ ark: / 12148/ btv1b9059989b/ f2.item [version numérisée du Ms. édité]; à celle du texte II: https: / / gallica.bnf.fr/ ark: / 12148/ btv1b10866331 m/ f146.item [version numérisée du double volume P 1 -P 2 : B.N.f.fr. 22912-22913] et pour le texte V: https: / / gallica.bnf.fr/ ark: / 12148/ bpt6k1520379b? rk=21459; 2 [version numérisée de l’imprimé C]. 9 La correction de la plupart des coquilles allant de soi, je me limite ici à corriger les erreurs que j’ai notées dans les références bibliographiques: p. 9, sub De Poerck, Guy: ajouter «avec la collaboration de Rika Van Deyck»; p. 88 et 90, lire d e Visser van Terwisga, Mar ij ke; p. 14, N2, lire Grammaire Istorique des Parlers Provençaux Modernes (même correction p. 17, N3 et p. 18, N1); p. 25, lire Bert r and 2013; p. 41, 1 re entrée sub Bertrand, Olivier: lire Stumpf, Béatr ice ; et corriger p. 19, l. 5: «pour les verbes l’on a reconstruit l’ infinitif entre crochets». Il s’est glissé aussi une erreur dans le Sommaire (p. VII), plus particulièrement pour le texte II: les paragraphes 5 à 10 commencent respectivement à la p. 35 (pas 36), 40 (pas 41), 42 (pas 44), 50 (pas 52), 62 (pas 64) et 64 (pas 66). 10 Sur lequel cf. maintenant P ontri , F. 2014: «I codici Angelicani 1552, 1553 e 1554: tre manoscritti per Borso d’Este? », Quaderni Estensi 6: 161-76. D’après z AGGiA , M. 2019: «Alle origini della storia sacra: l’avvio del Genesi in volgare italiano», in: M. c olomBo / P. P elleGrini / S. P reGnolAto (ed.), Storia sacra e profana nei volgarizzamenti medioevali: Rilievi di lingua e di cultura , Berlin/ Boston, De Gruyter: 85-148, il s’agit d’un texte toscano-méridional. 211 DOI 10.24053/ VOX-2025-011 Vox Romanica 84 (2025): 211-221 Besprechungen - Comptes rendus dieval Studies). Sans doute certaines décisions ont-elles été dictées par des impératifs pratiques comme la disponibilité des spécialistes. En ce qui concerne l’ordre de présentation des textes, il n’est pas clair quel critère a présidé à celui-ci. Mais il ne s’agit là que de remarques de détail, qui ne préjugent en rien de la qualité de cette anthologie. Sachons gré, donc, au Professeur Wilhelm et à tous les intervenants de l’école d’été de Klagenfurt - à laquelle la participation est gratuite - pour leurs efforts méritoires et leur contribution précieuse à la formation des jeunes philologues. Nico Lioce (KU Leuven, CoHistAL) https: / / orcid.org/ 0000-0002-0623-8437 ★ c Arolin P Azelt / e lton P rifti (ed.), Diachrone Varietätenlinguistik: Theorie, Methoden, Anwendungen , Berlin (Peter Lang) 2020, 234 p. ( Studia Romanica et Linguistica 59). Der vorliegende Band ist das Ergebnis der Sektion «Diachrone Varietätenlinguistik: Theorien, Methoden, Perspektiven», die im Rahmen des XXXIV. Romanistentags in Mannheim stattfand, «ergänzt um weitere einschlägige Studien zum Rahmenthema» (p. 7). Die Herausgeber verfolgen mit der Publikation das Ziel, die diachrone Varietätenlinguistik durch die versammelten Beiträge als Disziplin theoretisch und methodisch auszubauen. Dabei gehen sie von der Grundannahme aus, «dass die Geschichtsschreibung einer Sprache sich nicht nur - wie allzu häufig üblich - auf eine bestimmte exemplarische (Standard-)Varietät beziehen kann, sondern eine systematische Berücksichtigung des gesamten Spektrums möglicher Variationen erfordert» (ibd.). In ihrem Vorwort erläutern Patzelt und Prifti, dass sich der Band in vier Blöcke gliedert, auf die sich die insgesamt zehn Beiträge verteilen. Hier ist jedoch eine gewisse Inkongruenz zwischen der Abfolge der Kurzsynopsen im Vorwort und der Organisation der Beiträge im Band selbst zu erkennen: Laut den Herausgebern ist der Beitrag von Arnold (p. 105-30) dem zweiten thematischen Block zuzuordnen; im Band findet er sich jedoch nach dem Beitrag von Garatea (p. 91-103), welcher dem dritten Themenfeld zuzuordnen sei (p. 8). Im ersten Artikel des Sammelbandes widmet sich Johannes Kramer den «Bezeugungen von Entlehnungen in großen Sprachen als Mittel zur Datierung von Wörtern in Kleinsprachen» (p. 11-20) und möchte auf diese Weise Licht in die «dunklen Perioden der Sprachgeschichte» (p. 11) ebenjener Sprachen bringen. Er behandelt das Rumänische, Ladinische und das Papiamento, deren Sprachgeschichte nur auf «Rückprojektion heutiger Sprachstände in die Vergangenheit» (p. 12) beruht, da die ersten schriftlichen Belege aus vergleichsweise späten Epochen (16. bis 19. Jh.) stammen. Der Verf. schlägt mit seinem vorgelegten Beitrag eine Alternative zum bisherigen Vorgehen vor, bei dem die genannten Rückprojektionen mit analogen Entwicklungen in anderen romanischen Sprachen und im Lateinischen abgeglichen werden. Hierzu greift er bzgl. des Rumänischen die anhaltende Kontinuitätsbzw. Diskontinuitäts-Diskussion hinsichtlich seines Ursprungs auf (p. 13) und zeigt anschließend sehr überzeugend, dass die vier gewählten lexikalischen Einheiten des Rumänischen aus dem