Vox Romanica
vox
0042-899X
2941-0916
Francke Verlag Tübingen
10.24053/VOX-2025-022
vox841/vox841.pdf0216
2026
841
Kristol De StefaniFabio Zinelli/Sylvie Lefèvre (ed.), En français hors de France. Textes, livres, collections du Moyen Âge, Strasbourg (Éditions de linguistique et de philologie) 2021, vi + 372 p. (Travaux de Littératures Romanes – Études et textes romans du Moyen Âge).
0216
2026
Nico Liocehttps://orcid.org/0000-0002-0623-8437
vox8410273
273 DOI 10.24053/ VOX-2025-022 Vox Romanica 84 (2025): 273-278 Besprechungen - Comptes rendus scours amoureux in modelli definiti, che si potranno applicare ad altre tradizioni, offre un solido punto di partenza per ulteriori sviluppi critici e nuove piste di ricerca. Eleonora Cannavacciuolo (Université de Genève/ Università di Napoli Federico II) https: / / orcid.org/ 0009-0001-1488-6557 ★ f ABio z inelli / s ylvie l efèvre (ed.), En français hors de France. Textes, livres, collections du Moyen Âge , Strasbourg (Éditions de linguistique et de philologie) 2021, vi + 372 p. ( Travaux de Littératures Romanes - Études et textes romans du Moyen Âge ). La Chanson de Roland , dont le Ms. le plus ancien et le plus complet (il date probablement du 2 e quart du XII e siècle) est le fameux Digby 23 de la bibliothèque Bodléienne d’Oxford, illustre à merveille l’importance des circuits «périphériques» dans la transmission des textes littéraires français au Moyen-Âge. Le livre dont il sera question ici regroupe les contributions d’un colloque (dont les détails, si je ne m’abuse, ne nous sont malheureusement pas communiqués) centré autour des questions de la lecture et de l’écriture en langue française hors de France au Moyen-Âge. Comme il y sera surtout question de la transmission des textes et de la constitution de collections, la plupart des contributions revêtent un caractère éminemment philologique, parfois linguistique, moins souvent littéraire 1 . Ce recueil me semble ainsi s’inscrire dans une tendance à interroger les supports et les vecteurs des textes littéraires du Moyen-Âge, afin de mieux cerner leur diffusion et leur public: je songe à la thèse de doctorat d’A. Alberni ou à l’étude déjà ancienne de S. Cingolani qui s’interroge, à partir de documents d’archives, sur la diffusion de la littérature de divertissement en Catalogne aux XIV e -XV e ss. 2 . Dans le livre dont il sera rendu compte ici, l’approche philologique est appliquée à des textes littéraires traversant des frontières géographiques et linguistiques, dans une tentative de saisir les réseaux relationnels reliant des textes, qui, parfois, passent par d’autres langues pour retrouver leur forme française originelle par une traduction secondaire. Quand elles s’appliquent à des ensembles de textes ayant passé par une cyclisation, ces analyses s’avèrent particulièrement pointues. Dans un chapitre liminaire («La France, jardin d’acclimatation pour la francophonie médiévale? », p. 1-31) les éditeurs problématisent d’abord la notion moderne de francophonie , soulignant les discontinuités d’avec la situation au Moyen-Âge (écarts de type géographique, historique, politique), puis ils délimitent ce qui sera au centre de leur intérêt: «écrire, lire, copier, imprimer, collectionner des œuvres en langue d’oïl ou d’oc hors de France (en Italie, Péninsule ibérique, Pays-Bas bourguignons ou Pays-Bas tout court, Outremer et Angleterre)» (p. 3). 1 En effet, comme l’avait déjà noté P. Meyer, et comme nous le rappellent les éditeurs, «c’est d’abord par l’étude de la tradition manuscrite qu’on arrive à mesurer l’impact culturel du français ‹hors de France›» (p. 9). 2 Cf. A lBerni , A. 2003: El Cançoner VegaAguiló : estructura i contingut , Barcelona, Universitat de Barcelona; c inGolAni , S. M. 1990: «‹Nos en leyr tales libros trobemos plazer e recreation›. L’estudi sobre la difusió de la literatura d’entreteniment a Catalunya els segles XIV i XV», Llengua & Literatura 4: 39-127. 274 DOI 10.24053/ VOX-2025-022 Vox Romanica 84 (2025): 273-278 Besprechungen - Comptes rendus C’est là, déjà, une circonscription géographique du monde que ce livre nous fera découvrir - et notons, entre parenthèses, l’inclusion, dans cette phrase programmatique, de la littérature occitane 3 - dont la présence dans le livre sera, malheureusement, assez réduite. La suite de l’introduction est essentiellement consacrée à une réflexion sur les problèmes méthodologiques que suscite l’objet d’étude, réflexion illustrée par les contributions des auteurs - le livre réunit une quinzaine de spécialistes, de France, d’Angleterre, d’Italie et d’Espagne, de Belgique et des Pays-Bas: par-là, il est à l’image du caractère forcément international et «décentré» des textes qui seront à l’honneur ici. Les éditeurs sont partis d’un constat: au Moyen-Âge le français, langue véhiculaire en Angleterre jusqu’au milieu du XIV e siècle, dans une partie des Pays-Bas bourguignons, dans la Naples angevine et parmi les croisés de Terre sainte, a longtemps été la langue littéraire dominante dans une bonne partie de l’Europe. Ils identifient plusieurs réseaux qui contribuent à sa diffusion: le pouvoir en place qui s’exprime en français, les communautés de marchands, les ordres militaires. Dans la péninsule Ibérique et une bonne partie de l’Italie, le français se montre surtout complémentaire par rapport aux systèmes littéraires autochtones, notamment en ce qui concerne la création d’univers narratifs autonomes. Ils signalent aussi le phénomène de la littérature franco-italienne (qui n’est d’ailleurs pas exclusivement épique) dans le Nord de l’Italie et en particulier en Vénétie, ainsi qu’un phénomène récemment mis en lumière: la production en masse, dans la période 1280-1300, de Ms. français dans les prisons de Gênes, surtout par des prisonniers pisans. Dans la péninsule Ibérique, la diffusion de la littérature française semble surtout avoir été stimulée par de puissants collectionneurs. L’angle d’approche fourni par la tradition manuscrite aboutit ici à une sociologie de la réception, étudiée non seulement à partir de la circulation textuelle mais aussi par le biais de la constitution de collections. Il s’avère difficile de dissocier l’analyse des formes que prennent les textes au cours de leur transmission de l’impact qu’ils produisent sur différents types de publics; c’est pourquoi les éditeurs ont préféré organiser le volume, qui se divise en trois sections, selon des aires géographiques: «En Europe et en Outremer: francophonie médiévale et géochronologie de la tradition» (p. 33-138, 3 articles); «Entre Italie, France et Espagne: diffusion, création, traduction» (p. 139-241, 5 articles); «Angleterre, Bourgogne et Pays-Bas: philologie, bibliothèques, industrie du livre» (p. 243-349, 5 articles). Un Index des noms propres et des œuvres citées (p. 351-65) et un Index des manuscrits et des imprimés (p. 366-72) viennent clore l’ouvrage. La section «En Europe et en Outremer» s’ouvre sur une contribution, importante du point de vue méthodologique, de S. Gaunt («Texte et/ ou manuscrit? À propos de l’ Histoire ancienne jusqu’à César », p. 35-57). Les vicissitudes d’un texte historiographique dont la première rédaction a probablement été composée ou compilée en Flandre ca . 1200-1220 permettent de nous libérer du «francocentrisme», et invitent à considérer le français au Moyen-Âge, langue en élaboration avec un standard en émergence, diffusée dans des régions où elle n’est pas autochtone, et qui ne sont même pas contiguës au sens traditionnel, comme une langue diasporique et pluri-centrique (p. 46). Gaunt conclut par un plaidoyer pour accorder une place prioritaire, 3 Les éditeurs explicitent qu’ils considèrent «la frontière entre la langue d’oïl et la langue d’oc comme une frontière interne à l’espace français» (p. 6 N18). 275 DOI 10.24053/ VOX-2025-022 Vox Romanica 84 (2025): 273-278 Besprechungen - Comptes rendus dans la pratique éditoriale, à l’édition des Ms. (plutôt que des textes ) pour les traditions textuelles à origine ou à transmission exogène. F. Zanelli, de son côté, se sert de trois textes français pour montrer comment l’étude philologique et linguistique de traditions textuelles où des familles entières de Ms. remontent à un exemplaire copié en Outremer, contribue à mieux cerner cet espace littéraire particulier («Traditions manuscrites d’Outremer ( Tresor , Sidrac , Histoire ancienne jusqu’à César )», p. 59-107). Au terme d’une étude fouillée, qui tient compte aussi des apostilles marginales que contiennent certains Ms. ainsi que des inventaires des bibliothèques, Zanelli souligne l’importance que revêtent les aires périphériques, et en particulier l’Outremer, dans la transmission des textes médiévaux. Cette région, toujours en contact avec les grands centres européens, a non seulement reçu mais aussi contribué à diffuser plusieurs traditions littéraires. Le français de la Méditerranée a su acquérir un statut propre: son emploi à l’écrit, dans des contextes commerciaux, administratifs et juridiques, a favorisé la naissance et la stabilisation d’une scripta d’Outremer, qui - à en croire le témoignage du chroniqueur catalan Ramon Montaner (p. 98-99) - jouissait même d’un prestige certain. La dernière contribution dans cette section concerne la matière arthurienne, plus particulièrement l’ensemble de narrations dites «post-vulgate» (Bogdanow) intégrées dans le processus de cyclisation et d’inter-cyclisation du Lancelot-Graal et du Tristan en prose (N. Morato, «Histoire d’une diaspora textuelle. Les récits du pseudo-Robert de Boron dans les travaux de Fanni Bogdanow», p. 109- 38). Cet exposé part des travaux de recherche et d’édition de F. Bogdanow et propose ainsi un épisode de l’histoire de notre discipline. Parmi les acquis, retenons la valorisation des témoins de date plus récente - loin de transmettre des remaniements tardifs, ceux-ci peuvent s’avérer porteurs d’autorité et d’ancienneté quant au texte transmis - ainsi que des traductions. La 2 e section («Entre Italie, France et Espagne») s’ouvre sur une étude dans laquelle L. Leonardi («Le manuscrit de la Fondazione Franceschini et la tradition du Roman de Méliadus en Italie», p. 141-57), à l’occasion d’une acquisition récente (qu’il situe dans le Nord-Est de l’Italie et qu’il date d’avant le milieu du XIV e siècle) par la Fondazione Franceschini, met en lumière l’importance de la tradition italienne du premier roman du cycle de Guiron le Courtois . I. Reginato («Autour de la Version K du Devisement du Monde : Marco Polo en Catalogne-Aragon», p. 159-82) analyse la circulation et la réception du livre du Vénitien dans l’espace littéraire et culturel aragonais et catalan. L’auteur n’étudie pas seulement les Ms. représentant cette Version , mais elle examine aussi les témoignages (correspondances, notices d’achat, inventaires) documentant sa présence dans deux milieux différents: la Cour et les marchands. Ceci lui permet de conclure à un cloisonnement moins étanche qu’on ne le supposerait entre circulation princière et circulation marchande, ainsi qu’à une certaine «superposition» de ces milieux en ce qui concerne la circulation des biens culturels (p. 176). Dans leur contribution, P. Lorenzo Gradín et L. Sacchi («Quel Tresor pour le Tesoro castillan? Le Livre dou Tresor en Espagne», p. 183-98) s’interrogent sur la présence de l’encyclopédie de Brunet Latin en Espagne. Ce texte, à lui seul, témoigne déjà d’un certain «décentrement», dans la mesure où il a été rédigé par un alloglotte 4 , 4 Sur le maniement du français par le Florentin Brunet Latin, v. s wiGGers , P. 2000: «Le Tresor de Brunetto Latini et l’usage du français» in: W. d Ahmen / G. h oltus / j. K rAmer et al. (ed.), Schreiben in einer anderen Sprache. Zur Internationalität romanischer Sprachen und Literaturen. Romanistisches Kolloquium XIII , Tübingen, Narr: 65-84. 276 DOI 10.24053/ VOX-2025-022 Vox Romanica 84 (2025): 273-278 Besprechungen - Comptes rendus puis traduit en aragonais, en catalan et en castillan. Les données que les auteurs versent au dossier leur permettent de confirmer l’hypothèse de travail déjà avancée dans des travaux antérieurs: la traduction castillane du Tresor aurait été réalisée à partir d’un Ms. français, qui ne coïncide avec aucun des témoins conservés, et qui aurait été confectionné dans un scriptorium du Levant méditerranéen (p. 195). E. Arioli tente d’éclairer à la fois (certains aspects de) la réception de la tradition arthurienne hors de France et les spécificités de la production de romans arthuriens en langue française en Italie, en se penchant sur un témoin très peu étudié («À la recherche d’un Yvain en prose ? Le ms. Aberystwyth, National Library of Wales, 444D», p. 199-217). Ce que nous livre ce Ms., rédigé en Italie entre la fin du XIII e et le début du XIV e s., ce n’est, contrairement au titre trompeur que la critique lui a attribué, ni une mise en prose d’ Yvain ni un roman inspiré du Chevalier au Lion de Chrétien de Troyes, mais un florilège illustrant les prouesses de plusieurs héros de la Table Ronde. Représentant typique de son époque et de son milieu culturel, ce Ms. illustre la poétique du florilège arthurien populaire en Italie. A. Alberni se propose de relire l’histoire de la fée Mélusine, en tenant compte des traces d’une présence catalane tissées dans la narration, et de mettre cette lecture en rapport avec ce que nous révèlent de nouveaux documents, encore inédits, sur Jean d’Arras, l’auteur du Roman de Mélusine en prose («Mélusine à la cour d’Aragon: Jean d’Arras, 1380-1381», p. 219-41). La dernière section («Angleterre, Bourgogne et Pays-Bas») commence par plonger dans l’historiographie anglo-normande: F. Di Lella («(D’)Après Wace: le texte du Roman de Brut dans les chroniques anglo-normandes des XIII e et XIV e siècles», p. 245-70) se propose de vérifier si, dans la série des adaptations littéraires de l’ Historia regum Brittanniæ de Geoffroy de Monmouth, le texte célèbre de Wace est arrivé à jouer le rôle de texte source, et à prendre la place du texte latin original. L.-P. Bergot fait le point sur l’ensemble de nos connaissances au sujet de «La Bible de Jean Servion, citoyen de Genève (1455-1462): remarques sur la diffusion en français de l’ Apocalypse glosée , de l’Angleterre au duché de Savoie» (p. 270-84). T. Van Hemelryck («À l’ombre de la bourgondisation? Littérature ‘de France’ et littérature en français dans les bibliothèques des fonctionnaires bourguignons au XV e siècle», p. 285-95) envisage la place de la littérature ‘de France’ et en français dans les bibliothèques des fonctionnaires bourguignons dans le dernier siècle du Moyen-Âge. Sa contribution examine, à travers les bibliothèques et les collections de livres, le concept de b(o)urgondisation dû à Blockmans - Prevenier (1983), entendue comme une «politique d’unification du territoire bourguignon entreprise par les ducs de Bourgogne, entre 1419 et 1477 […] auprès de la couche sociale supérieure, notamment au moyen de la culture, de la bibliophilie, mais aussi de la langue française» (p. 286). Van Hemelryck en arrive à la conclusion que ce concept doit être raffiné et redéfini. S. Delale examine, à l’exemple de deux textes, la réception de l’œuvre de Christine de Pizan, à travers sa circulation livresque et iconographique, à l’intérieur des Flandres et au-delà de leurs frontières («Le passage des Flandres - Diffusions et réinventions de la Cité des dames et du Livre des trois Vertus depuis la France jusqu’à l’étranger», p. 297-333). Ce faisant, elle nous livre en même temps une première proposition de stemma codicum pour le deuxième livre mentionné. Enfin, J. Koopmans se penche sur l’édition française aux Pays-Bas au XV e siècle («Les Pays-Bas francophones: les imprimeurs au XV e siècle», p. 335-49). 277 DOI 10.24053/ VOX-2025-022 Vox Romanica 84 (2025): 273-278 Besprechungen - Comptes rendus Les analyses figurant dans ce volume, riche en informations, sont généralement conduites avec une acribie philologique à toute épreuve. Au-delà de l’information factuelle que nous transmettent les auteurs - et c’est déjà beaucoup -, ils nous sensibilisent aussi aux problèmes méthodologiques et à l’intérêt que comporterait un renouvellement de l’information. En effet, nombre de contributions mettent en valeur bien des Ms. nouveaux, qui permettent de mieux cerner la fortune littéraire d’un texte ou d’un cycle; mentionnons aussi l’intérêt des documents administratifs et juridiques (inventaires, testaments) nous renseignant sur la constitution des bibliothèques et des collections. La notion de géochronologie , dont se servent e.a. Gaunt c.s., permet aux auteurs de surpasser d’anciennes oppositions méthodologiques: il ne s’agit pas d’opposer un centre à la périphérie, ni de privilégier une approche diachronique de la transmission d’un texte aux dépens d’une approche synchronique pour remonter à une origine hypothétique; plutôt, «chaque manifestation manuscrite du texte est placée et considérée […] dans le temps et dans l’espace, c’est-à-dire dans son contexte géo-culturel. Nous cherchons donc à situer les manuscrits par rapport aux réseaux multidimensionnels et stratifiés auxquels ils participent et dont ils sont aussi les traces» (p. 38). Plusieurs auteurs étudient «la stratigraphie cachée derrière l’homogénéité apparente de la page d’un manuscrit» (Leonardi, p. 151): la détermination des taux d’innovation et de conservation des Ms. relativise le statut de témoin de valeur presque absolue d’un état de langue que les linguistes ont tendance à accorder au Ms. L’informatique permet maintenant de visualiser ces différentes strates. À plusieurs reprises, les analyses entreprises ici nous prouvent que la tradition «hors de France» de textes français endogènes offre un texte particulièrement fiable, voire plus fiable que les versions copiées en France. C’est le cas de l’ Histoire ancienne jusqu’à César : les meilleurs Ms. nous transmettant ce texte composé dans le Nord de la France ca . 1200-1220 sont ceux copiés à Acre (v. la contribution de Gaunt), ou de Villehardouin, pour qui les deux volumes vénitiens réalisés entre 1315 et 1330 offrent un meilleur texte que les copies d’origine française plus anciennes. Deux enseignements sont à tirer de tout ceci. Il convient, d’abord, de «décentrer» la France dans la transmission de certains textes: «loin d’être le centre reconnu de la culture francophone à cette époque, la France n’en est dans certains cas qu’une étape» (Gaunt, cité p. 12 N34). Ensuite, pour ce qui est de la classification des témoins: recentiores non deteriores ; un Ms. français produit à Genève au milieu du XV e s. peut permettre de remonter à une source latine d’où découleraient non seulement l’ Apocalypse Servion et la version G de l’ Apocalypse , mais aussi la Bible moralisée , «ouvrage majeur du XIII e siècle d’origine française» (p. 16). Voilà des exemples éloquents illustrant l’apport de la périphérie au centre, ou, si l’on préfère, «décolonisant» la littérature française médiévale - pour citer une approche actuellement en vogue… D’un point de vue matériel, le livre a été édité avec soin: je n’ai relevé que peu de coquilles 5 . 5 La correction de la plupart des coquilles allant de soi, je me limite ici aux endroits qui pourraient prêter à confusion: p. 14, l. 8, lire «formes issues d’in ter férences»; p. 56, lire Kabatek , Johannes; p. 61 N12, compléter l’élucidation du sigle K : Paris, BnF, fr. 566; p. 144, l. 7-8: lire «avant le milieu du XIV e siècle», et même correction p. 175, l. 1; p. 181, s. Moliné i Brasés, lire « Ll ibre del Consola t de Mar»; p. 239, s. Roach 1982, lire «Klin ck sieck»; p. 306, l. 37, lire «Piccard, Wasserzeichen»; p. 349, s. Vloten, lire 1852. 278 DOI 10.24053/ VOX-2025-023 Vox Romanica 84 (2025): 278-284 Besprechungen - Comptes rendus Félicitons donc les éditeurs et les auteurs de ce recueil, qui nuance et enrichit de manière considérable notre perception de la «francophonie médiévale», et dont les analyses inspireront - on n’en doute pas - mainte étude future sur la fortune de la littérature française au Moyen-Âge. Nico Lioce (KU Leuven, CoHistAL) https: / / orcid.org/ 0000-0002-0623-8437 ★ Iberoromania r ustichello dA P isA , Las aventuras del Viejo Caballero , estudio, traducción y notas de Carlos Alvar y Karla Xiomara Luna Mariscal, San Millán de la Cogolla (Cilengua) 2024, 290 p. ( Biblioteca de Bretaña 5). Como se sabe desde hace mucho tiempo, y como se ha venido demostrando cada vez con más ímpetu en las investigaciones de las últimas décadas, la Materia de Bretaña es el núcleo de uno de los fenómenos literarios más relevantes y extendidos de toda la Edad Media europea. Hacia los siglos XI y XII, al calor de la nueva corte normanda que se asienta en el trono de Inglaterra tras la batalla de Hastings (1066), surge una nueva literatura que gira en torno al mundo del mítico rey Arturo (o Artús) y los caballeros que habitan su corte. La leyenda, que comienza tomando forma en la falsa crónica de Geoffrey de Monmouth, la Historia regum Britanniae 1 , termina por constituir la base para algunas de las creaciones literarias de mayor originalidad de la Edad Media, entre las que se encuentran las novelas de Chrétien de Troyes 2 (finales del siglo XII) o la leyenda de Tristán, que mezcla elementos de la cultura bretona con la tradición clásica y cristiana que exige la nueva sociedad en la que se inserta 3 . El éxito de estas obras llevó a la aparición, a partir sobre todo del siglo XIII, de largas ampliaciones que terminaron por constituir ciclos enteros, alejados ya en muchos casos de las breves creaciones originales en las que se basaban. El proceso es mucho más largo y complejo, pero no es este el lugar conveniente para desarrollarlo. Interesa ahora solamente saber que los dos grandes ciclos del siglo XIII, el Lanzarote en prosa 4 y el Tristán en prosa 5 , no solo adquieren una extensión monstruosa, sino que su 1 Hay traducción castellana de Luis Alberto de Cuenca: m onmouth , G. 1984: Historia de los reyes de Britania , trad. L. A. de c uencA , Madrid, Alianza. 2 Sus novelas han sido traducidas por separado en diversas ocasiones. Hoy se pueden encontrar todas juntas en la edición íntegra de Carlos Alvar: c hrétien de t royes 2013: Obras completas , ed. c. A lvAr , Madrid, EDHASA. 3 Es fundamental, para el desarrollo de esta leyenda, el libro de r iQuer , I. 1996: La leyenda de Tristán e Iseo , Madrid, Siruela. 4 Ha sido traducido por A lvAr , C. (trad.) 2010: Historia de Lanzarote del Lago , Madrid, Alianza. 5 No ha sido traducido aún al castellano. Existen diferentes versiones de la historia, que se fue ampliando con el tiempo. La versión larga se debe consultar en los tres tomos de Curtis (c urtis , R. L.
