lendemains
ldm
0170-3803
2941-0843
Narr Verlag Tübingen
10.24053/ldm-2022-0036
Es handelt sich um einen Open-Access-Artikel, der unter den Bedingungen der Lizenz CC by 4.0 veröffentlicht wurde.http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/ldm47186-187/ldm47186-187.pdf925
2023
47186-187
Christian Lacombe (ed.): Dictionnaire Sade, Paris, L’Harmattan, 2021, 644 p
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Liza Steiner
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DOI 10.24053/ ldm-2022-0036 213 Comptes rendus CHRISTIAN LACOMBE (ED.): DICTIONNAIRE SADE, PARIS, L’HARMATTAN, 2021, 644 P. Il s’agit du premier dictionnaire consacré au Marquis de Sade. L’entreprise de Christian Lacombe vient combler un manque vivement ressenti par les chercheurs, mais également par le public s’intéressant à Sade. Depuis la sortie de Sade de l’Enfer des Bibliothèques, les études sadiennes ont pris une telle ampleur qu’il devenait nécessaire de tenter un ordonnancement d’une œuvre aussi protéiforme que celle du Divin Marquis. C’est désormais chose faite avec cet ouvrage dirigé et préfacé par Christian Lacombe, actuellement bibliothécaire au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France. Regroupant plus de 500 entrées, la rédaction de ce dictionnaire a été confiée à une quarantaine de contributeurs internationaux n’étant pas exclusivement des universitaires. L’ouvrage intègre près de 300 notices rédigées par Jean-Jacques Pauvert (qui souhaitait publier un dictionnaire sur Sade dès les années 1990) et issues du fonds Jean-Jacques Pauvert acquis en 2016 par la BNF. Ce dernier a rédigé des articles jusqu’à la lettre F, puis quelques-uns ont été écrits aux lettres O et Z. À cet égard, il convient de noter que ces notices ont été reproduites à partir de feuillets tapuscrits, sans modification aucune. Et de fait, l’ensemble de l’ouvrage est organisé selon le souhait de Jean- Jacques Pauvert de tisser des liens entre données biographiques et genèse des œuvres. De manière classique, chaque notice est suivie de renvois permettant de circuler aisément dans l’ensemble du volume. De plus, l’ajout d’illustrations de l’artiste contemporaine Sylvie Gaudin séparant les lettres, contribue à faire de ce dictionnaire un ouvrage actualisant la figure de Sade. Entre passé et présent, ce dictionnaire esquisse le portrait nuancé d’un auteur ayant toujours été une surface de projection de l’histoire des idées depuis le XVIIIème siècle. La diversité des entrées proposées doit être saluée. En effet, aux catégories attendues (œuvres, personnages sadiens, lieux réels ou imaginaires, entourage de Sade, critiques littéraires ou universitaires, concepts mobilisés) sont ajoutées des notices traitant des auteurs et ouvrages lus par Sade (Beaumarchais, Staël, Beccaria etc.), mais également des notices fournissant des explications historiques (Lettres de cachet). Une grande liberté a été laissée aux contributeurs, tant sur le plan du format que sur celui du regard porté sur un écrivain aussi singulier. Il n’est donc pas surprenant que les notices soient de longueur inégale ou que certains contributeurs en contredisent d’autres. Mais loin de produire un effet d’incohérence, cette diversité met au jour la vitalité d’une réception parfois difficile, entre accords et désaccords. Cette diversité laisse également apparaître une volonté de toucher un large public sans s’adresser uniquement aux sadiens ou aux dix-huitiémistes. D’autres entrées sont inattendues et riches d’enseignement comme la notice „Entracte“ rédigée par Catherine Ramond. Partant du lexique théâtral fréquemment employé par Sade, parfois de façon métaphorique, l’autrice reconstitue l’archéologie de son emploi dans l’œuvre sadienne en rappelant les positions des théoriciens du théâtre contemporain. Mais cette richesse 214 DOI 10.24053/ ldm-2022-0036 Comptes rendus des entrées se retrouve également dans des catégories plus attendues. Ainsi les œuvres du Divin Marquis sont évoquées de manière exhaustive, les premiers titres envisagés ou les sous-titres étant l’objet d’entrée (Les délires de l’amour, Les délires des passions, La fille malheureuse). De nombreux lieux sont évoqués, même s’il ne s’agit que de courts séjours (Échauffour, Bibliothèque des Chartreux de Dijon). Quant à l’entourage du Marquis, il est présenté d’une manière remarquablement complète, s’étendant aux personnes l’ayant simplement côtoyé, parfois à leurs dépens. Au gré des pages, le lecteur rencontre un pensionnaire de Charenton (Baralle), son célèbre valet (Latour), des maîtresses parfois méconnues (Chiara Moldetti), des ami(e)s et connaissances (Marie-Dorothée de Rousset, Jean- Baptiste Tierce), le fils de Constance Quesnet (Charles), des libraires et éditeurs ayant contribué à sa diffusion (Barba, Nicolas Massé), des comédiens embauchés par Sade pour ses pièces (Bourdais) et de manière plus inattendue certaines de ses victimes présumées (Borelly). La multiplicité des angles d’approche fait la part belle aux liens entre vie et œuvre, mettant au jour tout un réseau de filiations. Mais ce dictionnaire ne se contente pas de montrer comment Sade défie toute tentative de classification. Par l’attention portée à l’émergence de ses ouvrages (genèse intellectuelle, éditions, réception mais aussi correspondance et diffusion), ce dictionnaire éclaire la manière dont s’est construite une figue auctoriale ayant investi différents champs disciplinaires. Elisabeth Roudinesco signe ainsi une notice remarquable sur la psychanalyse qui, excepté Lacan, a relativement peu investi l’œuvre de Sade, à la différence de la psychiatrie. La philosophie fait l’objet de notices rigoureuses de Henry Martyn Lloyd (Hobbes, Philosophie morale), de Julie Mazaleigue-Labaste (Foucault), d’Anne Coudreuse (Apathie), de Christian Lacombe (D’Holbach, La Mettrie) ou de Mladen Kozul (Philosophie, Nature, Imagination, Illusion). Marie-Laure Delmas signe une analyse passionnante de l’iconographie sadienne (Gravure, Illustration), tandis que Marie-Françoise Quignard nous relate la création de l’Enfer des bibliothèques (et l’intégration de Sade). L’affirmation de Sade se révèle dans les nombreuses entrées consacrées à sa réception internationale, qu’il s’agisse du Japon, de la Suède, du Québec ou de la Croatie et de l’ex-Yougoslavie. On regrette de ne pouvoir rendre ici justice à tous les contributeurs. Les entrées musicales sont signées par Christian et François Lacombe (Marquis de Sade, groupe de musique, Peter Sotos, Power electronics et musique expérimentale sadiste) et permettent de cerner l’engouement populaire dont jouit Sade, mais aussi la reprise caricaturale de certains de ses motifs narratifs. La bande dessinée n’est pas oubliée avec la belle notice de Christian Lacombe (Fumetti) sur la série De Sade publiée par Ediperiodici et qui a introduit une dimension burlesque dans sa réception. Mais si la variété des supports génériques est bien présente, on ne peut que déplorer l’absence d’unité du thème cinématographique. Le propos est dispersé dans plusieurs notices (Films, Pasolini, Buñuel, Hurlements en faveur de Sade, Topor, X et le cinéma pornographique, Quelques pièces d’un puzzle aux limites incertaines) et l’article „Films“ de Jean-Jacques Pauvert est indigent. Nous aurions attendu une analyse des adaptations de l’œuvre sadienne par Jess Franco (Marquis de Sade’s DOI 10.24053/ ldm-2022-0036 215 Comptes rendus Justine, 1968; Eugenie…The Story of her Journey into Perversion, 1969; Eugénie, 1970), Claude Pierson (Justine de Sade, 1972), Louis Skorecki (Eugénie de Franval, 1974), Olivier Smolders (La Philosophie dans le boudoir, 1991, court-métrage) ou encore Aurelio Grimaldi (L’educazione sentimentale di Eugénie, 2005). Ces adaptations sont bien distinctes des films biographiques ou faisant référence à Sade (l’un des derniers Liberté, d’Alberto Serra, de 2019, méritait d’être mentionné). Diriger un dictionnaire de cette ampleur nécessite des choix difficiles pour les contributeurs, mais les travaux d’Alberto Brodesco (Sguardo, corpo, violenza. Sade e il cinema, 2014) avaient toute leur place. D’une manière semblable, des travaux de référence des études sadiennes manquent d’écho. Roland Barthes, Annie Le Brun, Chantal Thomas ou encore Éric Marty sont souvent cités mais auraient mérité une entrée à eux seuls. Comment évoquer certains membres de l’entourage du Marquis, et plus particulièrement la présidente de Montreuil et ses rapports ambigus avec son gendre, sans mentionner l’ouvrage faisant autorité dans les biographies de Sade, celui de Stéphanie Genand (Sade, Gallimard, 2018)? Les travaux de Jean-Christophe Abramovici, ayant grandement enrichi l’analyse des œuvres et des personnages, ne sont pas mentionnés (cf. Jean-Christophe Abramovici, Encre de sang, Classiques Garnier, 2013). Ainsi la notice sur Justine nous renvoie l’image monolithique d’un personnage cramponné à sa vertu et sans nuance. Certaines entrées auraient gagné à être mieux référencées. Ainsi la notice „Littérature érotique“ (mais au regard des œuvres citées, ne devraiton pas plutôt parler de corpus clandestin des Lumières? ) fait un rapprochement heureux entre l’œuvre de Sade et Thérèse philosophe, mais sans citer la présentation incontournable de Florence Lotterie (Thérèse philosophe, édition présentée par Florence Lotterie, GF Flammarion, 2007). Certains auteurs se retrouvent bien dans la bibliographie mais sans que leurs travaux n’aient été exploités. Il en va ainsi de Marcel Hénaff qui a proposé une lecture économique du libertinage sadien à partir des outils marxistes (Marcel Hénaff, Sade. L’invention du corps libertin, PUF, 1978). S’il est cité dans la notice „Was Sade queer? “, sa théorie d’un libertinage sadien entretenant d’étranges similitudes avec une structure économique de nature capitaliste n’est pas évoquée. Pourtant, cette hypothèse de lecture a rencontré un réel succès, notamment en raison de sa confrontation avec l’exacerbation d’un égoïsme passionnel exploité par le néolibéralisme. Reprise par un certain nombre de penseurs (Christopher Lasch, Jean Baudrillard ou Dany-Robert Dufour), l’œuvre de Sade a désormais aussi investi le champ de la sociologie. Si l’excellent ouvrage de Richard Poulin et Patrick Vassort (Sexe, capitalisme et critique de la valeur, pulsions, domination, sadisme social, 2012) figure en bonne place dans la bibliographie, une entrée „Économie“ était nécessaire, seul point aveugle de cette actualisation sadienne. Par ailleurs, en raison du statut d’ébauches des articles de Jean-Jacques Pauvert, certains concepts manquent d’historicité. Que l’on pense à l’article laconique „Caractère“ ne mentionnant que Sade dépeignant son propre caractère et omettant de 216 DOI 10.24053/ ldm-2022-0037 Comptes rendus préciser qu’il s’agit d’un concept-clé de l’esthétique classique qui implique une anthropologie fixiste du sujet (horizon littéraire moraliste qui n’était nullement ignoré de Sade et dont il a beaucoup joué). Quelques ajouts de rédacteurs contemporains auraient sans doute contribué à plus de clarté. Mais au sein d’une réception aussi problématique que celle du Divin Marquis, il n’est reste pas moins que ce Dictionnaire Sade est un outil précieux permettant de rencontrer l’univers de Sade et d’en mesurer la profondeur et la complexité. Liza Steiner (Strasbourg) ------------------ ELISSA PUSTKA (ED.): LA BANDE DESSINÉE. PERSPECTIVES LINGUISTIQUES ET DIDACTIQUES, TÜBINGEN, NARR (ROMANISTISCHE FREMDSPRACHEN- FORSCHUNG UND UNTERRICHTSENTWICKLUNG, 24), 2022, 540 S. Wenn hier von La bande dessinée. Perspectives linguistiques et didactiques - herausgegeben 2022 von Elissa Pustka - die Rede sein soll, so wird dies in erster Linie aus fremdsprachendidaktischer und weniger aus linguistischer Perspektive geschehen, immerhin ist der Band als vierundzwanzigster in der Reihe Romanistische Fremdsprachenforschung und Unterrichtsentwicklung (herausgegeben von Daniel Reimann und Andrea Rössler) erschienen. Dazu vorab einige Bemerkungen zum Comic 1 beziehungsweise zur bande dessinée generell: Comics sind in der fachwissenschaftlichen Forschung ein durchaus etablierter Gegenstand und werden dort aus unterschiedlichen Perspektiven beleuchtet - etwa literaturwissenschaftlich, kulturgeschichtlich oder medienwissenschaftlich -, auch wenn es in vielen Bereichen noch Reflexionsbedarf gibt. In den Fachdidaktiken bietet sich hingegen ein etwas anderes Bild. Zwar wird der Comic seit der Erweiterung des Textbegriffes und der Öffnung hin zu populären Formen des Erzählens jenseits oder besser diesseits der Höhenkammliteratur als Gegenstand fachdidaktischer Überlegungen wahr- und ernst genommen. Allerdings gilt dies nicht in gleichem Maße für die unterschiedlichen Fachdidaktiken und ihre jeweiligen Arbeitsbereiche. Hinzu kommen Unterschiede im Hinblick auf das Image des Comic, das in französischsprachigen Ländern tendenziell positiver als in Deutschland (gewesen) ist. 2 1 Hier wird der im Deutschen übliche Begriff „Comic“ für „bande dessinée“ gebraucht, in manchen Artikeln des Bandes auch als „BD“ abgekürzt. 2 Dies gilt vor allem für die zweite Hälfte des 20. Jahrhunderts (cf. dazu in didaktischer Perspektive: Markus Raith, „Game of Greece und Der Superknall: Zur Darstellung von Wirtschaftskrisen im Sachcomic. Medienästhetische und didaktische Überlegungen“, in: Nicole Mattern / Uta Schaffers (ed.), Ökonomische Bildung und ökonomisches Wissen im Literaturunterricht? , Baltmannsweiler, Schneider Verlag Hohengehren, 168-181). In Betracht zu ziehen ist außerdem die jüngere Ausdifferenzierung des Genres in Graphic Novels, Mangas
