lendemains
ldm
0170-3803
2941-0843
Narr Verlag Tübingen
10.24053/ldm-2024-0002
Es handelt sich um einen Open-Access-Artikel, der unter den Bedingungen der Lizenz CC by 4.0 veröffentlicht wurde.http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/ldm49193/ldm49193.pdf0922
2025
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lendemains fête ses 50 ans
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Evelyne Sinnassamy
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6 DOI 10.24053/ ldm-2024-0002 50 Jahre lendemains Evelyne Sinnassamy lendemains fête ses 50 ans En l’an 2000, dans le numéro 100 de lendemains, j’avais déjà survolé le premier quart de siècle de la revue sous le titre „lendemains, d’hier à aujourd’hui, de la machine à boule à internet“, relatant „ses tribulations techniques et ses pérégrinations de maison d’édition en maison d’édition“, et me contentant de renvoyer à nos deux index dans les numéros 37 et 96 pour évoquer la richesse et l’originalité des dossiers de lendemains. Cet article était issu de ma contribution au colloque organisé à Paris à l’occasion des 25 ans de notre revue en novembre 2000 à la Maison Heinrich Heine sous le titre „À quoi bon les revues franco-allemandes aujourd’hui? “. Eh bien, malgré cette question mélancolique, les 25 années qui ont suivi, avec Wolfgang Asholt et Hans Manfred Bock jusqu’en 2012, puis avec Andreas Gelz et Christian Papilloud, et maintenant avec Andreas Gelz, lendemains a continué d’exister, avec toujours la même diversité de points de vue, de thématiques et la même ouverture sur de nombreux sujets - cette fois heureusement soutenue toutes ces années par une seule maison d’édition, Narr/ Francke/ Attempto, qui déclare: „Convaincue de la nécessité dans l’Europe qui se fait du dialogue scientifique et sociétal entre les deux nations, la revue a non seulement offert de nouveaux points de vue sur les canons de l’histoire littéraire, mais s’est ouverte de façon interdisciplinaire aux domaines de recherche les plus divers, du mouvement syndical ou du mouvement des femmes à la littérature africaine et à la photographie, sans oublier le bilan critique de l’histoire de la recherche ainsi que des relations franco-allemandes“ (c’est moi qui souligne). C’est par hasard qu’à l’occasion de la première édition des Journées africaines de l’Histoire de l’art à Douala (Cameroun) qui a eu lieu du 7 au 9 avril de cette année, j’ai eu l’idée de reprendre le numéro 66 de lendemains, paru en 1992, qui avait fait scandale à l’époque: comment osions-nous mettre une femme nue et noire sur notre couverture! En réalité, c’était une magnifique photographie, intitulée „La danse du feu“, de la photographe et poète d’origine camerounaise Angela Etoundi Essamba dont nous présentions les remarquables iconotextes 1 en saluant l’œuvre et l’artiste sans la renvoyer (comme ce fut le cas dans la presse à Berlin lors de l’exposition de ses œuvres dans la galerie „Voller Ernst“) à l’exotisme et l’enfermer dans des clichés ethnologiques. Ce qui a été apprécié et loué en avril à Douala où j’avais transmis cet exemplaire de lendemains, toujours actuel donc, et qui correspond exactement au passage que j’ai souligné dans la description de lendemains par les éditeurs Narr/ Francke/ Attempto. Mais dans ce numéro 66 de 1992, consacré entre autres aux intellectuels français face aux incertitudes allemandes dans l’entre-deux-guerres, 2 à Julien Gracq, au Théâtre du Soleil, à l’exposition de Marcel Broodthaers et à Génération écologie, il DOI 10.24053/ ldm-2024-0002 7 50 Jahre lendemains y a aussi l’annonce dans l’éditorial de „…la fin de LENDEMAINS “ en évoquant des refus de subvention et les attaques lancées contre Hans Manfred Bock sous le titre de „Beamtenblick“. 3 La revue, heureusement, „n’est pas morte“, comme on proclame dans la chanson d’Eugène Pottier sur la Commune, et les trente numéros qui ont paru jusqu’en l’an 2000 ont témoigné de cette riche hybridité dont parle le même Hans Manfred Bock 4 dans le numéro 133 de lendemains. Il suffit d’évoquer à quoi ont été consacrés les dossiers qui suivirent le numéro 66: Littératures caribéennes, poésie tunisienne, deux volumes sur les littératures africaines par Pius Ngandu Nkashama, plusieurs numéros sur les rencontres et relations franco-allemandes ainsi que des dossiers consacrés à Pierre Bourdieu, Werner Krauss, Roland Barthes, Victor Klemperer, Paul H. Distelbarth, Jean-François Lyotard, Simone de Beauvoir, mais aussi sur Rousseau et la différence des sexes, sur le cinéma français, la sociologie du sport, l’affaire Dreyfus, la Ligue des Droits de l’Homme, la revue Europe, les exotismes, la littérature de voyage… Et il y eut également d’importants articles dans les rubriques Forum, Actuelles, Discussion, Arts et lettres, sans compter les entretiens et les nombreux comptes-rendus. Et cela avec un grand éventail d’auteurs qu’on ne pourrait vraiment pas accuser de manquer „d’élégance et de lisibilité“. 5 C’est donc une revue bien vivante que, lors de la merveilleuse rencontre chez Hans-Manfred Bock qui nous avait accueillis à Zierenberg, nous avons pu confier à Wolfgang Asholt, et nous lui sommes très reconnaissants de bien avoir voulu se charger de poursuivre l’aventure au début du 21 ème siècle et d’avoir su organiser la suite après lui. Et voilà que malgré tous les obstacles et les vicissitudes de l’engagement, lendemains, cette revue dérangeante et indispensable, grâce à ses éditeurs et à ses auteurs, compte aujourd’hui un demi-siècle d’existence. En ces temps incertains et inquiétants où le rôle de cette revue entre la France et l’Allemagne est de plus en plus nécessaire, nous lui souhaitons de perdurer et d’avoir de beaux lendemains. Et bien sûr nous lui souhaitons aujourd’hui un joyeux cinquantenaire! 1 Michael Nerlich, „Je te caresse du regard. Zu Angèle Etoundi Essambas Ikonotexten“ (137- 147). 2 En particulier l’article de Klaus-Peter Sick, „Vom Neoliberalismus zum Faschismus: Alfred Fabre-Luce und Bertrand de Jouvenel 1918-1945“, qui nous donne à réfléchir sur les évolutions politiques actuelles. 3 Par Tilmann Krause dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung du 13.03.1991. 4 „Zur Hybridität der Zeitschrift lendemains. Innovation, Integration, Praxisverpflichtung“, in: lendemains, 133, 2009: „Hommages à Michael Nerlich“, 23-36. 5 Encore Tilmann Krause. Parmi ces auteurs, nous avons par exemple deux élégantes membres de l’Académie française, Danièle Sallenave et Barbara Cassin, académiciennes, mais sans rien d’académique!
