Vox Romanica
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0042-899X
2941-0916
Francke Verlag Tübingen
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1999
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Kristol De StefaniDas altfranzösische Rolandslied nach der Oxforder Handschrift, ed. Alfons Hilka, 8. verbesserte Auflage besorgt von Max Pfister,Tübingen (Niemeyer) l997, 176 p. (Sammlung romanischer Übungstexte 3/4)
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1999
Leena Löfstedt
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l’impressionante vastità della prospettiva che non si limita alle ricerche sull’acquisizione di varie L1 e L2, ma spazia dalla linguistica teorica e descrittiva alla tipologia e alla psicolinguistica. Tale molteplicità dei punti di vista permette una discussione approfondita delle ipotesi esplicative, che in ultima analisi tendono comunque a convergere su spiegazioni di tipo funzionale. St. Schmid H Das altfranzösische Rolandslied nach der Oxforder Handschrift, ed. Alfons Hilka, 8. verbesserte Auflage besorgt von Max Pfister, Tübingen (Niemeyer) l997, 176 p. (Sammlung romanischer Übungstexte 3/ 4) Das altfranzösische Rolandslied de A. Hilka (= H. dans ce qui suit), publié pour la première fois en 1926 vient de voir sa huitième édition revue et corrigée par M. Pfister (= P. dans ce qui suit). L’ouvrage est assorti d’un apparat réduit (mais qui rend compte des leçons rejetées du ms. O et des variae lectiones tirées des autres mss, en premier lieu du ms. V 4 , de la Chanson de Roland), d’un index des noms propres et d’un glossaire. Basé en principe sur le ms. O, comme le titre l’indique, le texte de H. était fortement amendé lors de sa première parution, mais à partir de la deuxième édition (1942, troisième 1948, et P. fait bien d’en reproduire les préfaces), les leçons originaires du ms. O réclament de plus en plus leur ancien droit de marquer la teneur de l’épopée. Ce compte rendu où nous avons comparé la Chanson de Roland de H.-P. à la Chanson de Roland de G. Moignet (Paris 1980) aidera peut-être O à se revendiquer. - Ajoutons que nous nous servons des parenthèses pour marquer une addition et [ ] pour signaler une suppression. Évidemment, nombre de corrections apportées au texte de O restent nécessaires (v. 118, 137, etc., et notamment celles où O présente une lacune comme v. 1017) ou recommandables (v. 1693, p.ex.); d’autres encore peuvent être débattues à l’infini, telle la correction de v. 63 Balaguet, v. 200 -ed et v. 894 -ez en Balaguer: en fait, si on publie le ms. O, doit-on aussi ajouter à la culture du scribe? Certains vers testent notre maîtrise de la prononciation anglo-normande, plus exactement des possibilités plus ou moins souvent réalisées de la prononciation anglo-normande, car il serait naïf de prétendre qu’un scribe médiéval cherche toujours à produire une écriture phonétique. H.-P. écrivent le vers 400 «Charles meïsmes fait tut a sun talent» à l’aide du ms. vénitien qui porte «Li emperere fait tot a son comant». La leçon du ms. O «L’emperere meismes ad tut a sun talent», rejetée, est hypermétrique pour l’œil sans doute, mais doit-on prononcer, dans l’emperere, l’e non accentué avant la syllabe accentué re, étant donné que l’anglo-normand du douzième siècle peut donner fras, frat, frez en toutes lettres (cf. Pope §1134) et doit-on observer l’hiatus de meïsmes? Si on lit le vers «L’emprere mesm’a [ou avec diphtongue meism’a] tut a sun talent», il est décasyllabique. Comme il va mieux que la variante fait tut dans le contexte qui décrit la générosité de Roland, il est à préférer: l’empereur même obtient (de Roland) tout à sa guise . Le c.-s. sg. l’emperere est irrégulier, mais les erreurs de déclinaison ne sont pas rares dans l’épopée 1 . 260 Besprechungen - Comptes rendus 1 Cependant il n’est pas nécessaire d’en ajouter. Dans la description des désastres naturels, H.-P. ont v. 1430 «Nen ad recet dunt li murs ne cravent», où li murs, c.-s. sg. n’est ni un sujet convenable pour cravent, ni un objet «correct» pour les désastres naturels. Le ms. O donne «Nen ad recet dunt del mur ne cravent» et malgré la juxtaposition dunt del la phrase est claire dont un pan de mur ne se crève (Moignet) ou dont ils ne détruisent (quelque partie) du mur , l’emploi transitif du verbe crever étant bien attesté. La voyelle a transmise (cravent) pourrait être corrigée ou expliquée (par l’influence de r? ). V. 836-7 où Charlemagne décrit un songe récent, est présenté par H.-P. «Que entre mes puinz me depeçout ma hanste / Qui ad jugét mis niés Rollant remaigne», où mis . . . remaigne vient du ms. de Châteauroux, alors que O donne pour v. 837 «chi ad jugét mis nes a la reregarde», meilleur pour son contenu, mais hypermétrique. Pourquoi ne pas lire «Chi a jugét mis nes a la rer[e]garde» et laisser le vers du ms. O 2 ? Prudemment, Moignet publie a reregarde. Il est légitime de supposer qu’un texte qui écrit plusieurs pronoms enclitiques permette la prononciation enclitique là aussi ou elle n’est pas explicitée dans l’écriture. H.-P. donnent v. 3811 Laisez le vivre pour un hémistiche que O écrit Vivre le laisez et que nous lisons Vivre l[e] laisez. Quelques corrections apportées au texte du ms. O nuisent à la compréhension du texte. Les vers trop courts du ms. O dans la plainte de Roland auprès du corps d’Olivier, v. 2208s. «Vos fustes filz al duc Reiner / Ki tint la marche del val de Runers», doivent être corrigés. Le vers 2209 est bien donné par H.-P. «Ki tint la marche de ce l val de Runers», mais leur version du vers 2208 «Vos fustes filz al pro conte Reiner», à l’aide du ms. vénitien, déclasse le père d’Olivier et d’Aude. Qu’Olivier soit comte, dans cette épopée qui date des environs de l’an 1100, cela n’indique pas que son père le serait aussi: fils d’un duc (selon O), Olivier reste comte lui-même jusqu’au jour où il héritera du duché, c’est-à-dire en prêtera le serment d’hommage à son suzerain et recevra les serments de ses hommes, ce qu’il ne fait pas dans l’épopée. Sa sœur Aude cependant est portraitée dans l’épopée comme si elle était devenue duchesse héritière après la mort de son frère. Duchesse, Aude ne sera pas une épouse impossible pour un prince royal (cf. v. 3715), et duchesse morte, elle est portée par quatre comtesses (cf. v. 3729). Sans le titre ducal de la famille, l’histoire d’Aude reste plus difficile à comprendre 3 . On pourrait considérer les vers 2208s. comme une préparation pour l’épisode d’Aude. En fait, le duc Reiner, qui ne joue aucun rôle dans l’histoire, et un duché de Val de Runers, parfaitement fantaisiste, semblent ajoutés dans ce but. Dans la scène où les barons refusent de juger le crime de Ganelon, H.-P. donnent v. 3812 «Ja pur murir Rollant de reverum / Ne por aveir ja nel recuverum». L’hémistiche Rollant ne reverum ne semble étayé par aucun ms. Sans doute, le texte est plus facile à comprendre que celui du ms. O «Ja por murir n’en ert veüd gerun», qui pourtant permet l’interprétation pour qu’il soit mis à mort nous n’avons pas vu de preuves (scil. de son crime) , si on retient que selon les vieilles coutumes germaniques l’accusateur ou le dénonciateur devait présenter devant le juge le giron (donc une pièce déchirée ou découpée du vêtement) de la personne qu’il avait vue commettre un crime, pour qu’il lui soit permis de l’inculper 4 . Mais quel plaisir de lire ce texte dont on n’a pas encore découvert toute la richesse. Leena Löfstedt H 261 Besprechungen - Comptes rendus 2 On est tenté d’écrire l’arer[e]garde (cf. l’agn. are warde [ arrieregarde ], donné du ConqIrl. par DEAF G: 165/ 27). 3 Cf. Löfstedt, Leena 1987: «Sur la loi, la littérature et la culture dans l’ancienne France», Neophilologica Fennica 45: 253-65, en part. 255s. 4 Cf. Löfstedt, Leena 1989: «Le Tristran de Béroul et Chanson de Roland 3812: preuves, combat et giron», NM 90: 327-30.
