eJournals Vox Romanica 60/1

Vox Romanica
vox
0042-899X
2941-0916
Francke Verlag Tübingen
Es handelt sich um einen Open-Access-Artikel, der unter den Bedingungen der Lizenz CC by 4.0 veröffentlicht wurde.http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/121
2001
601 Kristol De Stefani

Mabrien. Roman de Chevalerie en prose du xve siècle, édition critique par Philippe Verelst, Genève (Droz) 1998, 534 p. (Romanica Gandensia 27)

121
2001
R.  Trachsler
vox6010329
très éclairants de même que certains rapports intertextuels qui sont magistralement mis en évidence par Sandrine Thonon. Voici, pour finir, quelques observations de détail: v. 2: trambletz: le sens proposé au glossaire tremblement (il s’agit du chant de l’alouette) pourrait être précisé à l’aide de ce qui est dit en note: chevrotement du ramage , il s’agit sans doute d’un tremolo - v. 63: virgule après Loyaulté - v. 131: placer le premier tiret plutôt avant que - v. 352: expliquer - v. 473: dy ce qu’as sur l’estomac ajouter au glossaire - v. 690: après grace virgule à la place du point - 794: supprimer la virgule après trestout - v. 808: on attendrait se à la place de le. C’est dire que l’édition permet de lire ce petit texte de façon aisée et sûre et qu’il faut remercier Sandrine Thonon du travail qu’elle a accompli. R. Trachsler ★ Mabrien. Roman de Chevalerie en prose du xv e siècle, édition critique par Philippe Verelst, Genève (Droz) 1998, 534 p. (Romanica Gandensia 27) Le «roman» de Mabrien est le dernier volet de la geste de Renaut de Montauban, telle qu’elle a dû naître, dans la seconde moitié du xiv e siècle, au moment où la vieille chanson de geste du xii e siècle a été remise au goût du jour. De ce grand remaniement il reste une version dodécasyllabique, mais celle-ci ne comprend pas toute la matière rinaldienne, se contentant, pour ce qui concerne l’histoire de Mabrien, de quelques annonces. C’est donc la version en prose, datant du xv e siècle, qui nous transmet l’histoire du petit-fils de Renaud, dans deux grands ensembles manuscrits et plusieurs imprimés. Et c’est de cette mise en prose que Philippe Verelst nous donne l’édition. Cette édition s’ouvre sur des observations sur la place de Mabrien dans la tradition manuscrite et au sein du cycle (7-16), où est notamment acceptée, avec des arguments plausibles, l’idée de l’existence d’un modèle en vers pour la mise en prose. Suivent des considérations sur le projet littéraire de l’auteur (16-21) qui insistent à juste titre sur l’importance des personnages féminins dans l’itinéraire du héros. Ensuite, sont brièvement décrits les deux manuscrits et les imprimés (22-46). En l’occurrence, le texte est conservé dans les manuscrits Paris, B.N. f.fr. 19177 (Lf) et München, Bayerische Staatsbibliothek Gall. 7 (Am). Le premier paraît être une «copie d’atelier», sans luxe mais soignée, alors que le second a été calligraphié dans l’entourage de David Aubert et illustré plus tard par Loyset Liédet. Ces deux manuscrits ne sont d’ailleurs sans doute que la pointe de l’iceberg mabrienien, car pas moins de treize éditions, s’échelonnant de 1525 jusqu’à la fin du xvi e , attestent du succès du roman à l’époque de la Renaissance, et trois éditions datant du premier tiers du xvii e siècle prouvent, si besoin était, une certaine persistance des goûts pour le roman de chevalerie à l’âge baroque (22-46). Le choix de manuscrit de base est justifié dans cette même section, choix qui se fait en fonction d’un critère intéressant: constatant que les deux manuscrits «se valent» plus ou moins pour le nombre de corrections qu’ils nécessitent, l’éditeur joue la «copie d’atelier» contre la «copie de luxe» et déclare préférer la première, bien qu’elle contienne, d’un point de vue strictement arithmétique, plus d’erreurs que sa concurrente. C’est donc Lf qui s’impose et c’est également sa table des rubriques qui tient lieu d’analyse (47-51) et précède le texte lui-même: scandé par les rubriques, avec une mise en page respectant les divisions du manuscrit, le long roman de Mabrien se déroule en une succession de paragraphes dont la numérotation redémarre au début du chacun des 55 chapitres; en pied de page, fondues en un apparat unique, figurent les leçons rejetées et les variantes (53-457). Le texte est suivi de notes linguistiques et littéraires (459-72), d’un glossaire (473-514), d’un index des noms propres (515-31) et d’une liste des parémies (533-34). 329 Besprechungen - Comptes rendus Le texte se lit agréablement, il a été établi avec intelligence et soin. D’après des vérifications ponctuelles, la transcription est elle aussi fiable, ayant fait l’objet des relectures nécessaires. Pourtant, le lecteur a parfois l’impression que l’éditeur aurait pu rendre la consultation de son ouvrage plus aisée, fournir quelques éléments supplémentaires pour étayer tel argument ou pallier telle objection. Tout le monde ne s’occupe pas, comme Philippe Verelst, depuis trente ans de Renaut de Montauban et le lecteur moins averti aurait certainement apprécié d’être guidé par un maître moins parcimonieux en informations de toute nature. Devant un gros livre qui fait déjà plus de 500 pages, ce souhait peut paraître excessif, mais toutes les opérations n’auraient pas coûté très cher en papier ou en temps: pour commencer par un détail technique,l’absence de numéros de lignes dans la marge du texte paraît aujourd’hui difficilement justifiable, parce qu’elle exige de l’utilisateur un effort qui incombait à l’éditeur. La simple insertion de 55 sauts de section (un par chapitre) aurait permis de faciliter grandement la tâche de celui qui cherche, à partir du glossaire ou de l’index des noms propres, un mot dans son contexte.Au lieu de disposer simplement de l’indication «numéro de chapitre + numéro de paragraphe» et de parcourir par conséquent tout le paragraphe (une trentaine de lignes, en moyenne) jusqu’à ce que le vocable convoité se présente, on aurait pu aller directement à la bonne ligne, comme c’est désormais le cas pour la plupart des éditions d’un texte en prose. Sur le plan du contenu, quelques détails restent également en suspens: ainsi le filigrane à la licorne caractérisant le papier du manuscrit de base, pour lequel ni le répertoire de Briquet ni celui de Piccard ne semblent avoir été consultés (33) et dont on ignore donc tout. De même, au lieu de simplement renvoyer à sa bibliographie rinaldienne établie en 1993, Philippe Verelst aurait pu intégrer une petite sélection des études les plus pertinentes dans la présente publication. L’économie réalisée paraît minime face au profit que le lecteur néophyte aurait pu tirer de ces renseignements. Mais le plus frappant en matière de «renvois économiques» porte sur les fondements du travail lui-même lorsque l’éditeur de Mabrien annonce simplement que «le tout [Mabrien] a été élaboré dans le même esprit, et d’après les mêmes critères que dans mon édition du grand remaniement en vers, publiée en 1988» ([5]). Mis à part le fait qu’il est gênant de ne pas trouver ce type d’informations capitales dans le livre que l’on a sous les yeux, appliquer les critères d’édition établis pour un texte en alexandrins du xiv e siècle à une œuvre en prose du xv e est une opération qui ne va pas de soi et méritait à son tour un petit commentaire. Un peu inattendu de la part d’un chercheur chevronné comme Philippe Verelst est aussi la façon dont sont caractérisés les deux manuscrits en présence: intercalées dans la description des documents (34-40), figurent trois listes donnant les fautes de chacun des deux témoins: la première regroupe les passages où les deux manuscrits sont insatisfaisants, la deuxième donne les cas ou Lf est supérieur à Am et la troisième les cas où Am l’emporte sur Lf. Les trois listes sont assorties de décomptes méticuleux. Or, comme aucune étude linguistique n’a préalablement été entreprise, figurent parmi les «fautes» de Am des traits communs dans une scripta wallonne, comme lequelles pour lesquelles (10/ 6), moustrere pour monstrerent 12/ 7) etc., de même que certaines «fautes» de Lf sont simplement des traits caractéristiques de la même scripta: par exemple omblya pour oublya (15/ 16), le pour les (23/ 5) etc. Du coup, ces listes perdent un peu de leur représentativité et révèlent un trait de l’édition que l’historien de la langue pourra ne pas complètement approuver: une tendance à corriger des graphies qui relèvent du système du scribe. Si l’on veut «normaliser» une scripta régionale pour le confort du lecteur, c’est un choix qui se défend, mais il serait alors utile de l’annoncer plus explicitement. Mais tout cela, bien évidemment, n’empêche pas de lire les aventures débridées de Mabrien et des belles qui l’entourent avec délectation grâce au travail de Philippe Verelst. R. Trachsler ★ 330 Besprechungen - Comptes rendus