Vox Romanica
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Francke Verlag Tübingen
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Kristol De StefaniJean-Michel Mehl, Des jeux et des hommes dans la société médiévale, Paris (Honoré Champion) 2010, 366 p. (Nouvelle Bibliothèque du Moyen Âge 97)
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Maria Colombo Timelli
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‘weiß’, im Vegliotischen yualb ‘weiß’ (cf. REW) und in den angrenzenden italienischen Varietäten alb (Poschiavo) ‘weiß’ und alv (Vicosoprano) ‘blond’ (cf. LSI), um nur einige weitere verwandte Lexeme zu nennen 7 . Insgesamt ist die von Ricarda Liver vorgenommene Neuauflage ihrer Monographie zum Bündnerromanischen jedoch ein unverzichtbares Kompendium zum Einstieg in die linguistische Beschäftigung mit dem Rätoromanischen der Schweiz, das neben wertvollen Textproben und einer fundierten Betrachtung der einzelnen Varietäten auch zahlreiche interessante Detailuntersuchungen enthält (z. B. eine Wortfeldanalyse zu «Schneefall»). Als tatsächliches Manko sei das fehlende Kartenmaterial genannt, das gerade im Falle dieser so zersplitterten Minderheitensprache im Mikrokosmos Alpenraum eine große Orientierungshilfe gewesen wäre (sowie ein Personen- und Sachregister) 8 . Roger Schöntag Galloromania Jean-Michel Mehl, Des jeux et des hommes dans la société médiévale, Paris (Honoré Champion) 2010, 366 p. (Nouvelle Bibliothèque du Moyen Âge 97) Professeur émérite d’histoire médiévale à l’Université de Strasbourg, spécialiste de l’histoire des jeux et des sports, Jean-Michel Mehl a réuni dans ce beau livre 26 de ses articles parus entre 1978 et 2005.Après un exposé introductif (Jeu 7-16 (1999)) qui rappelle les questions fondamentales (matériel ludique, règles et pratique des jeux), les contributions sont organisées en cinq parties. La première a pour titre «Possibilités et limites d’une histoire des jeux du Moyen Âge et de la Renaissance»; elle s’ouvre sur un panoramique bibliographique et le rappel des questionnements qu’une histoire des jeux ouvre («Jeux, sports et divertissements au Moyen Âge et à la Renaissance», 19-36 (1991)), pour proposer ensuite une réflexion sur l’intégration et la reconnaissance du jeu dans l’espace social («Entre culture et réalité: la perception des jeux, sports et divertissements au Moyen Âge et à la Renaissance», 37-59 (1995)); le jeu objet de parole est traité dans un troisième article, où sont pris en compte notamment les mots jocus/ ludus, instrumenta et la nomenclature des échecs («Le latin des jeux», 61-73 (2000)); une dernière contribution porte sur l’importance des lettres de rémission - à savoir les actes par lesquels le roi ou un grand seigneur «fait remise entièrement ou partiellement de sa peine à un condamné par arrêté de justice» (cit. p. 77) - comme source d’information indirecte sur les jeux pratiqués au Moyen Âge («Les lettres de rémission françaises: une source pour l’histoire des jeux médiévaux», 75-89 (1993)). La deuxième section est centrée sur le Liber de moribus hominum ac officiis nobilium super lude scaccorum de Jacques de Cessoles (XIII e siècle), œuvre didactique et littéraire qui a connu un énorme succès attesté par quelque 200 manuscrits, un nombre considérable de traductions (en français, allemand, catalan, néerlandais, anglais, suédois, tchèque) et le passage à l’imprimé dès 1479; le même J.-M. Mehl en a publié en 1995 une traduction en 298 Besprechungen - Comptes rendus 7 Zu weiteren Etymologien sei neben dem hier angeführten REW und dem LSI (F. Lurà (ed.), Lessico dialettale della Svizzera italiana, Bellinzona 2004) noch auf J. Grzega, «Le basi atr- ‘nero’ e alb- ‘bianco’ nella Romania cisalpina (e transalpina): radici latine o prelatine», VRom 59 (2000): 108- 14 hingewiesen, insbesondere auf N5 (p. 109), wo er noch genuesisch arbu ‘candido’, altsizilianisch albu ‘bianco’ und altsardisch albu ‘bianco’ ergänzt. 8 Für eine eventuelle, weitere Neuauflage seien auf folgende Druckfehler hingewiesen: *Besipiele anstatt Beispiele (60) und *in geringerem Masse anstatt Maße (74). français (Paris, Stock-Moyen Âge). Les articles portent sur la présence et la fonction des exempla à l’intérieur du traité («L’exemplum chez J. de C.», 93-107 (1978)), sur la question de la noblesse («La noblesse d’après J. de C.», 109-18 (1987)), sur la métaphore ludique par laquelle l’auteur décrit la société idéale («Justice et administration d’après le Liber de moribus de J. de C.», 155-62 (2005)); puis sur quelques pièces particulières du jeu des échecs: le roi et son évolution dans les traités de Jean de Galles (fin XIII e siècle), Jacques de Cessoles (entre 1253 et 1273) et selon les Gesta Romanorum (première moitié du XIV e siècle) («Le roi de l’échiquier. Approche du mythe royal à la fin du Moyen Âge», 119-35 (1978)); puis la reine, dont la place, les mouvements et la fonction apparaissent bien dans les jeux d’échecs moralisés («La reine de l’échiquier», 137-45 (2001)); le Cavalier enfin, et son rôle de combattant au sein de la guerre que met en scène toute partie d’échecs («Le combattant des soixante-quatre cases», 147-54 (2000)). Sous le titre «Jeux de hasard», sont réunis trois articles sur les jeux de dés: le premier montre l’intérêt des lettres de rémission pour reconstruire les pratiques et les conditions de ce jeu («Les jeux de dés au XV e siècle d’après les lettres de rémission», 165-76 (1982)), un deuxième vise à classer les différentes formes de tricherie et leur perception («Tricheurs et tricheries dans la France médiévale: l’exemple du jeu de dés», 177-200 (1981)), le dernier s’arrêtant sur la tolérance officiellement pratiquée pendant les fêtes de Noël («Jeux de dés et temps de Noël dans la société médiévale occidentale», 201-11 (2002)). Les «Jeux sportifs» auxquels est consacrée la quatrième partie ne comprennent pas les jeux «chevaleresques» (tournois, joutes, pas d’armes) qui constituent sans doute l’activité ludique par excellence de la noblesse à la fin du Moyen Âge. J. M. Mehl a pris en compte le jeu de paume («Du jeu au sport: l’itinéraire cahoteux du jeu de paume», 215-26 (1991); «Le jeu de paume: un élément de la sociabilité aristocratique à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance», 227-42 (1988)), qui fut pratiqué aussi par les Ducs de Bourgogne, comme le révèle la comptabilité domestique («Les jeux sportifs de Philippe le Hardi», 243- 52 (1986)), et le tir à l’arc («Une éducation du corps à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance: le tir à l’arc en France et en Angleterre», 253-63 (1991)). Suivent trois articles consacrés, l’un, à une des activités emblématiques de l’aristocratie, à savoir la chasse au vol («La fauconnerie», 265-69 (1999)), les deux autres à l’attitude des pouvoirs civil et ecclésiastique face à quelques jeux sportifs, jeux de paume, de palets, de barres, de boules, de la soule . . . («Le pouvoir civil et les jeux sportifs dans la France médiévale», 271-76 (1986); «Les autorités ecclésiastiques face aux jeux sportifs dans la France médiévale», 277-83 (1986)). Les articles réunis dans la dernière partie adoptent une approche sociologique: ils concernent la difficulté de reconstruire une éventuelle distribution sociale des jeux («Jeux et catégories sociales dans la France médiévale», 287-93 (1999)), les nombreuses questions et les quelques réponses qu’on peut donner sur «Les jeux de l’enfance au Moyen Âge» (295- 324 (1997)), leur fonction éducative («Les jeux dans l’éducation de la jeunesse médiévale», 315-24 (1991)), l’éventuelle participation féminine aux activités ludiques («Femmes en jeux», 315-32 (1996)). La toute dernière contribution rappelle l’engouement des rois de France pour les cartes à jouer à partir au moins de Charles VI et les tentatives du pouvoir afin de contrôler ce jeu, pour conclure sur le rapport privilégié qui s’instaure entre la figure même du roi et les cartes («Les rois de France et les cartes à jouer», 333-45 (1996)). Cet ouvrage a de grands mérites: malgré la distance temporelle qui sépare les articles les plus anciens des plus récents, le parcours tracé est homogène et l’ensemble en arrive à constituer une sorte de monographie cohérente tant sur le plan du contenu que par la méthode adoptée. On aurait souhaité - outre l’Index nominum et l’Index operarum donnés aux p. 347-59 - une bibliographie mise à jour plus riche que celle qui apparaît p. 345 (une douzaine de titres d’intérêt très général). Qu’il nous soit permis aussi de signaler les nombreu- 299 Besprechungen - Comptes rendus ses coquilles et le peu de soin typographique et éditorial (un seul exemple: les références des articles édités, p. 361-63, ont une numérotation différente, décalée d’une unité, par rapport à celle qui apparaît à l’intérieur du volume, et certains titres - les n° 22 et 26 - ne coïncident pas exactement). Maria Colombo Timelli ★ Karin Ueltschi, La main coupée. Métonymie et mémoire mythique, Paris (Honoré Champion) 2010, 238 p. Karin Ueltschi est professeure à l’Institut Catholique de Rennes et chargée de cours à l’Université Rennes 2. Elle fait partie du réseau «souple» de Modernités médiévales 1 , ce qui laisse imaginer qu’elle ne se cantonne pas à des recherches de médiéviste, et ouvre son horizon au monde de la littérature moderne. Faisant suite à sa réflexion sur l’exploration du complexe mythique (voir ses ouvrages sur La didactique de la chair et La Mesnie Hellequin 2 ), cet ouvrage est le premier tome d’une trilogie prévue sur ce fameux concept de «Relève du Temps» 3 qui lui tient à cœur. Les deux autres ouvrages prévus porteront sur les motifs du «pied qui cloche» et sur celui de la fileuse. Sa méthode de travail est très précise: elle cherche des cohérences et des réseaux entre motifs littéraires, qu’elle va collecter autant dans la littérature médiévale que dans la littérature romantique, réaliste et même orale, par l’intermédiaire des recueils de contes populaires. Ce long travail est le fruit de recherches transdisciplinaires: philologie romane, histoire, «folklore» (qu’elle met elle-même entre guillemets, 16), ethnologie et mythologie comparée. Elle dit se concentrer essentiellement sur la sphère occidentale et judéo-chrétienne qui est celle du roman qui lui sert de référence initiale (16). En effet, cet ouvrage porte sur le motif (ou «micro-récit», 15) de la fille aux mains coupées et se base essentiellement sur la figure littéraire de la métonymie (la relation entre partie et tout, ici la main coupée de son corps originel), métaphore du «fonctionnement de la mémoire mythique qui procède elle-aussi au processus d’amputation puis de régénération ou ‹ressoudures›» (9). Le cadre narratif fixé par l’auteure pour entrer dans ce champs de métonymies est le roman médiéval de La Manekine de Philippe de Rémi, mais cet ouvrage renvoie à un cadre littéraire beaucoup plus général, ses motifs se retrouvant à toutes les époques et sous diverses variantes. En voici un bref résumé: Une fille de roi du nom de Joïe se coupe la main gauche pour échapper au mariage incestueux dont elle fait l’objet, son père la convoitant en raison de sa ressemblance avec sa défunte femme (motif de Peau d’Âne). Elle doit s’enfuir dans la forêt, car on la menace de mort pour désobéissance. Malgré sa mutilation, elle épouse un prince et accouche d’un garçon. La belle-mère, méfiante envers sa bru manchote, fait envoyer une lettre mensongère à son fils absent annonçant que sa femme a enfanté un monstre (motif du Prince Ours). Celui-ci demande par lettre à sa mère d’attendre son retour mais la méchante femme substitue encore une fois une lettre factice à la vraie missive demandant qu’on condamne sa belle-fille et son bébé à être brulés vifs pour sorcellerie. La jeune femme réussit à s’enfuir 300 Besprechungen - Comptes rendus 1 http: / / www.modernitesmedievales.org/ index.htm. 2 Hellequin, «celui qui détient le secret du renouvellement du Temps et de la sauvegarde de la Mémoire» (9). 3 D’après K. Ueltschi, il s’agit d’un grand moteur poétique qui préside le cycle de la vie (viemort-résurrection).
