eJournals Vox Romanica 75/1

Vox Romanica
vox
0042-899X
2941-0916
Francke Verlag Tübingen
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2016
751 Kristol De Stefani

Frédéric Duval, Les mots de l’édition de textes, Paris (École nationale des chartes) 2015, 287 p. (Les manuels de l’École des chartes 2)

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Besprechungen - Comptes rendus 287 2 «Courtois parler refraint souvent grant ire Car moult attrait les cuers dulcement dire [lire: d’ire]», parler, p. 1271c. autographe, lui a été offerte par Gilbert Ouy et Christiane M. Reno (Mélanges Di Stefano, Montréal 2004: 557-72); sauf exception 2 , seuls les distiques de Christine qui se lisent dans la Geste de Monglane en prose (XV e siècle) ont été répertoriés (par ex.: «Qui ne se puet d’un mauvais pas garder, au mains s’en doit mettre hors sans tarder», pas, p. 1294b; «Peu de chose moult [lire: meult] grant debat souvent, Petite pluie aussi abat grant vent», pluie, p. 1390a; «Prudence aprent l’omme a vivre en raison, la ou elle est eureuse est la maison», prudence, p. 1457c; «Le temps perdu ne puet on recouvrer (pour ce, tandis qu’on l’a doit l’en ouvrer)», temps, 1670a). La question se pose alors: est-ce que le critère de sélection retenu est celui devenu classique d’Elisabeth Schulze-Busacker (Proverbes et expressions proverbiales dans la littérature narrative du Moyen Âge français, Paris 1985, 16), à savoir la présence des proverbes et dans un recueil et dans un texte? Si tel est le cas, on pourrait maintenant intégrer bien d’autres Proverbes de Christine, puisque l’auteur anonyme de Beuve de Hantone en prose en a enchâssé une bonne trentaine dans son récit (Maria Colombo Timelli, Romania 134 (2016): 204-24). De ce qui est dit ci-dessus découle inévitablement le souhait d’une édition électronique de ce très précieux Nouveau Dictionnaire Historique des Locutions, qui portera(it) secours aux lecteurs moins expérimentés que Giuseppe Di Stefano - la plupart des usagers de ce précieux outil, sans doute -, perdus entre les variantes d’un même noyau sémantique, d’autre part d’enrichir au fur et à mesure ce qui pourrait devenir une véritable base de données. S’il est certain que Di Stefano a dépouillé la très grande majorité des œuvres françaises élaborées des origines à 1600, il est tout aussi vrai que, tout comme le spectacle, la recherche continue, en permettant de découvrir voire d’éditer de nouveaux textes ou de nouveaux témoins: il en ira bientôt ainsi pour Beuve de Hantone en prose, dont le ms. B.N.f.fr. 12554 recèle, entre bien d’autres, la locution disner à la perre de baally, qui ne semble pas se trouver dans le Nouveau Dictionnaire car seul le texte publié par Antoine Vérard - qui a supprimé cette locution - était jusqu’à maintenant disponible (édition M.M. Ival, Aix-en-Provence, 1984). Maria Colombo Timelli H Frédéric Duval, Les mots de l’édition de textes, Paris (École nationale des chartes) 2015, 287 p. (Les manuels de l’École des chartes 2) L’idée de ce livre naît principalement de l’exigence de faire le point sur un vocabulaire dont la diversité reflète des approches et des méthodes, si ce n’est des traditions nationales ou culturelles, différentes, mais qui recouvre des réalités souvent fort proches. Ce qui peut apparaître comme une difficulté, surtout aux yeux de l’éditeur en herbe, constitue de fait la richesse d’un dictionnaire qui manquait jusqu’à présent, et qui propose, dans de véritables articles, une terminologie riche et variée, dont les définitions s’appuient sur une bibliographie internationale importante. Les objectifs sont clairement exposés par F. D. Il s’agit d’abord d’offrir aux débutants «un accès aisé et rapide aux principales notions de l’édition de textes» (7); la présentation d’une terminologie diversifiée, mais dont les objets peuvent coïncider, provoquera chez le lecteur plus expérimenté la confrontation des approches et sans doute aussi une réflexion renouvelée sur ses propres habitudes; enfin, et F. D. a bien fait de le souligner, son lexique n’est pas un manuel d’ecdotique (9). Besprechungen - Comptes rendus 288 La nomenclature est très vaste, réunie à partir de dépouillements nombreux; organisée en ordre alphabétique, elle limite, pour des raisons qui tiennent à son statut encore in fieri, les articles dévolus à l’édition électronique, mais inclut des unités lexicales traduites ou calquées sur d’autres langues, l’italien en particulier (par exemple: apparat critique, diachronique, évolutif, génétique, mixte, innovation contrainte ...), et de nombreux mots communs à bien d’autres disciplines et sciences humaines dont ne sont retenues que les acceptions propres à la pratique éditoriale (analyse, archéologie, art, aval, bibliographie etc.). Chaque article comprend, après l’entrée, la ou les définitions, précédée(s), si nécessaire, d’une mention de domaine; quelques remarques, séparées par des barres verticales, peuvent porter sur les différentes approches ou méthodes utilisant le même terme avec des nuances voire des acceptions différentes (par ex. pour ce qui concerne la philologie «traditionnelle» et la critique génétique ou encore la New Philology; on verra entre autres l’entrée codicologie). Seuls les renvois bibliographiques essentiels trouvent place à l’intérieur des articles, les autres étant réunis dans une bibliographie d’ensemble dont on apprécie l’étendue et la mise à jour (17-43). La visée pédagogique poursuivie par F. D. me paraît parfaitement atteinte: la brièveté des articles ne va pas à l’encontre de la clarté; et malgré le caractère nécessairement technique du contenu, aucun jargon n’est affiché. Une seule observation d’ensemble: un système de repérage simple (par exemple un astérisque) aurait permis de renvoyer rapidement d’un article à l’autre, par exemple entre homéotéleute et saut du même au même; s’il est vrai que dans certains articles ces signes seraient certainement (trop) nombreux, ils seraient surtout utiles pour signaler la présence - ou, en creux, l’absence - de certaines entrées; il est vrai d’autre part que le lecteur curieux n’aura aucun mal à se promener agréablement d’un article à l’autre en fonction de ses intérêts, la présentation alphabétique simplifiant indubitablement toute recherche, et la «Liste des entrées» fournie dans les dernières pages facilitant ultérieurement une consultation rapide. Pour une œuvre de ce genre, qui comble une lacune importante et dont la valeur ne fait aucun doute, il peut paraître mesquin de signaler quelques absences: ainsi, on se demande pourquoi traitement du texte ne figure pas (alors que toilette du texte est prévu), ainsi que des termes ayant trait à la description matérielle des témoins (certes, pour ceux-ci le Vocabulaire codicologique de Denis Muzerelle, en ligne [http: / / vocabulaire.irht.cnrs.fr/ ], fournit aujourd’hui un outil aussi riche qu’incontournable). En contrepartie, signalons un intérêt majeur du livre de F. D., à savoir la prise en compte de l’édition de textes tant anciens que modernes, basée sur des témoins manuscrits, certes, mais aussi imprimés, ce qui encourage à franchir le pas entre transmission médiévale et moderne des œuvres. Maria Colombo Timelli H Alain Corbellari, Des fabliaux et des hommes. Narration brève et matérialisme au Moyen Âge, Genève (Droz) 2015, 204 p. (Publications romanes et françaises CCLXIV) En dix chapitres articulés chacun autour d’une thématique (archétypes, légendes urbaines, transmissions, merveilles, rêves, calembours, monologues, naïvetés, escroqueries, marges), Alain Corbellari propose dans cet ouvrage une compilation actualisée et enrichie de différentes études proposées par ailleurs. Cependant, dans leur regroupement en volume, celles-ci prennent une dimension particulière à travers le fil rouge que veille à mettre en exergue l’auteur: la question du matérialisme. Ce postulat épistémologique permet une lecture plus aisée de l’ensemble puisque les différents chapitres se font désormais écho. Si le médiéviste traditionnel peut se trouver